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Archive | Médias Sociaux

Les affaires, ce n’est pas rationnel

One billion dollars Instagram Dr. EvilDans ce qui est la plus grosse transaction de son histoire, Facebook a annoncé hier l’acquisition de l’entreprise de partage de photos Instagram pour la modique somme d’un milliard de dollars.

Immédiatement, on ne peut s’empêcher de penser à une bulle technologique ou même à tout ce que Facebook aurait pu s’offrir pour le même prix.

On peut se demander aussi comment une entreprise d’à peine 500 jours d’existence peut valoir 1 milliard. Ou même si Zuck est un cinglé.

Mais tout ça ne sert pas à grand-chose : la transaction est conclue et si tous les partis ont signé c’est qu’il y avait un gain pour tout le monde, y compris Facebook avec 1 milliard en moins.

La morale est plutôt que le monde des affaires, ce n’est pas du tout rationnel. « Business is business », ça existe plus ou moins. C’est plutôt une expression facile afin de rationaliser ce qui ne l’est pas toujours.

On aimerait que ce soit rationnel puisqu’il suffirait d’assumer que tous les clients font des choix logiques, que les investisseurs investissent selon des formules de rentabilité bien précises ou qu’une transaction se conclue parce que nous avons la meilleure offre sur papier. Ce serait plus facile. Plus logique.

Si c’était comme ça, des transactions comme celle d’hier ne verraient pas le jour, des contrats ne seraient pas octroyés sur la base « d’un bon feeling » et Steve Jobs aurait terminé sa vie pauvre.

Ceci dit, tout est une question de perception, de valeur ajoutée et d’émotions. Ce sont des gens qui concluent les transactions et l’humain n’est pas une bête rationnelle. C’est une excellente nouvelle en soi puisque sinon, toute entreprise ou tout succès pourrait être réduit à une simple équation ou à une série d’étapes bien précises. C’est bien non, de penser qu’on peut vaincre le cynisme et le rationnel? Et ce n’est pas un peu plate de vivre constamment dans le rationnel?

Tout doit générer une émotion : un produit, un service, une transaction, une offre de service. C’est là que tout se joue et que les trucs intéressants se produisent.

Crédit photo : Jason Howell

Quand David était muet

Lorsque des histoires de procédures judiciaires pour la protection de marques de commerces comme le cas d’Industries Lassonde Vs. Olivia’s Oasis font surface dans les nouvelles, on se rend compte que le monde a changé en très peu de temps.

Il y a à peine 10 ans, les petites entreprises comme Olivia’s Oasis étaient à la merci de toutes les Industries Lassonde de ce monde. En fait, 10 ans plus tard, d’un point de vue strictement juridique elles n’ont pas plus de pouvoirs, mais elles ont par contre contre maintenant une voix. C’est un peu comme David contre Goliath, mais revisité à l’ère du numérique.

Alors que twitter s’indigne de l’absurdité de cette poursuite et de la décision qui s’en est suivi, que certaines personnalités publiques s’empressent de relayer le message et que les journalistes/blogueurs suivent peu à peu, une crise de relation publique se dessine à l’horizon pour Industries Lassonde et sa marque de jus Oasis.

Il y a 5 ou dix ans on aurait vu un article de journal et quelques conversations anodines à gauche et à droite s’indignant d’une cause un peu tirée par les cheveux. Pour une petite entreprise comme Olivia’s Oasis, il aurait ensuite été nécessaire de prier un peu pour qu’un réseau de télévision récupère l’histoire et la diffuse à heure de grande écoute afin d’aller chercher de l’appui.

Tout est différent maintenant.

David n’a peut-être pas gagné, mais il peut maintenant publiquement s’indigner. Facilement et avec une portée impressionnante en plus.

M.A.J. : David a gagné, «Oasis»: Lassonde plie aux protestations virtuelles

Sur une note plus légère et pour illustrer à quel point les départements légaux sont déconnectés de ce monde numérique, pouvez-vous croire qu’ils dépensent des millions de dollars en poursuites afin de protéger « leurs actifs », mais n’ont pas la vivacité d’esprit de protéger leurs actifs numériques en enregistrant des noms de domaines comme « jusoasis.ca » et « oasisjuice.ca »? Je vous laisse deviner qui les possède.

Le problème avec les bulles sociales

Alors qu’on se dirige de plus en vers un monde hyper-connecté et hyper-personnalisé et qu’on nous vante les bienfaits d’un contenu personnalisé et adapté à tous et chacun, je vous propose l’écoute d’un court « TED Talk » d’une dizaine de minutes. Un 10 minutes très certainement bien investi.

Et si la personnalisation ne faisait que nous conforter avec nos idées et convictions? (Si vous ne pouvez pas voir le vidéo ci-bas, il est disponible directement ici.)

Consultants web et prêcher par l’exemple

L’industrie du web et de la technologie me surprendra toujours. Parfois pour les mauvaises raisons par contre.

L’industrie du web est probablement la seule industrie sur la planète pour laquelle quelqu’un n’ayant jamais blogué, été actif « socialement » (médias sociaux) ou fait concrètement ses preuves peut être consultant, conférencier ou formateur et prêcher la bonne parole… Sans toutefois avoir vécu ce qu’il prêche.

Et voici le pire : on ne peut pas leur en vouloir, il y a une opportunité d’affaires qui est entretenue par le manque de connaissance numérique des entreprises.

Leur manque de connaissance les empêche de qualifier numériquement un fournisseur ou un partenaire. Ce qui est encore pire, c’est qu’engager les mauvaises personnes ne les sort pas du vide technologique. Une sorte de cercle vicieux quoi.

La solution : au même titre qu’on valide une personne par une recherche de références externes, un candidat peut se valider très facilement numériquement par une simple recherche Google. Est-ce que le résultat de la recherche semble confirmer la soi-disant expertise du fournisseur ou plutôt assiste-t-on à un manque à gagner évident?

Crédibilité et opinion massive

Il n’y a pas si longtemps, les canaux de diffusion étant limités, une apparition à la télévision ou dans un journal garantissait non seulement crédibilité, mais aussi une sorte de monopole fasse à l’émission de son opinion: un réel privilège.

Maintenant, une des plaintes face aux « nouveaux médias », est que n’importe qui a droit à son opinion et à distribuer cette dernière (qu’elle soit crédible ou non), via une panoplie de canaux de diffusion (Facebook, blog, etc.): une sorte de pollution de l’espace médiatique.

De façon plus ou moins surprenante, celle plainte provient majoritairement des gens ayant la position enviable de pouvoir se positionner sur la place publique ou devant une grande audience.

Voici la réalité, qu’on le veuille ou non:

  • Le nombre de canaux de communication augmente rapidement;
  • Le nombre de contributeurs à ces canaux (et donc d’opinions émises) augmente aussi;
  • La qualité du contenu est probablement malheureusement inversement proportionnelle à l’augmentation des contributeurs.

Alors, la bataille se situe bien sûr aux endroits stratégiques sur lesquels se positionner (T.V., journaux, publications en ligne renommées), mais aussi de plus en plus sur la constance et la validation. Émettre une opinion c’est bien, mais comme n’importe qui à accès à l’émettre de façon publique, la crédibilité provient de la constance et de la validation publique de son opinion par ses pairs, sur le long terme.

C’est aussi ce qui est difficile, la constance et la validation.

Ainsi, arrêtons de se plaindre du fait que n’importe qui a accès à une tribune publique et à émettre son opinion de façon plus ou moins crédible, ça n’ira pas en s’améliorant. Plutôt, mettons l’emphase sur la constance d’une opinion validée par son réseau.

Gaver l’écosystème

Question/volonté récurrente : comment automatiser ma présence sur le web, nous n’avons pas de temps à perdre?

Il est possible de gaver une population entière de fast food et de les approvisionner en McDonald’s à longueur d’année par économie de temps. Il est aussi possible qu’on soit personnellement attiré par ce type de nourriture, c’est particulièrement efficace dans un monde effréné.

Par contre, il vient un jour ou on veut un bon resto ou une bonne bouffe maison. Sortir de l’aspect machinal de l’industrie alimentaire bref.

On peut gaver un écosystème web avec du prémâché et de l’automatisation, mais vient un temps ou l’audience recherche quelque chose de plus consistent, de quoi se mettre sous la dent qui se rapproche de quelque chose d’original.

C’est un équilibre, comme dans tout écosystème. On peut certainement fournir et consommer du contenu facilement digérable, mais l’écosystème ne peut vivre que de facilité, on doit le nourrir avec un peu plus.

Le site web incompris et une leçon de courriel

Dans l’excellent livre Anything You Want de Derek Sivers, fondateur de CD Baby, il amène une leçon extrêmement intéressante par rapport à la rédaction pour le Web.

À un certain point, son entreprise avait 2 millions de clients, 2 millions de personnes à qui il devait parfois faire un envoi de courriel de masse.

Si une seule phrase dans le courriel se devait d’être moindrement ambiguë, cela voulait dire 20 000 courriels en retour de clients un peu confus à qui il fallait répondre. 20 000 courriels à répondre, ce qui pour l’équipe se traduisait en plusieurs milliers de dollars de coûts à chaque envoi.

Une phrase ambiguë? 5 000$. C’est douloureux.

La leçon? Ce qu’on croit clair l’est rarement pour tous et bien que le courriel nous permette une rétroaction rapide, c’est une tout autre histoire pour un site web.

Lorsqu’on met en ligne un site web, la majeure partie d’entre nous n’a pas cette rétroaction. Beaucoup de temps et d’argent sont mis dans la rédaction et le design afin d’avoir une identité unique et un concept qui sort de l’ordinaire… Et si c’était mal compris?

Ce qu’on obtient, c’est beaucoup de visites, mais un silence absolu. Aucune rétroaction.

Le truc : envoyer les textes importants par courriel à quelques personnes. Si ce n’est pas clair dans un courriel et s’il y a des phrases inutiles, cela transparaitra clairement. Si ce n’est pas clair dans un courriel, ça ne le sera pas plus une fois en ligne. En fait, ce sera pire.

Pourquoi s’inscrire

J’ai fait mon early-adopter hier : abonnement à Google+ et tout le tra la la, Google+ étant la toute dernière initiative de Google pour se lancer dans le monde des réseaux sociaux.

C’est bien fait. C’est sympathique. C’est beau. C’est innovateur à plusieurs points de vue.

La question qui tue : quel besoin la plateforme remplit-elle? Avais-je un besoin social à combler que Facebook, twitter, Skype et le courriel n’arrivaient pas à combler? Pourquoi le réfèrerais-je absolument à un ami?

Sans marquer Google+ de succès ou d’échec, ce sont des questions importantes qui sont facilement oubliées dans l’effervescence de bâtir quelque chose de stimulant ou dans l’intérêt de créer un compétiteur pour des raisons d’affaires.

La pluspart des plateformes sociales démarre petites puisqu’elles rassemblent des gens ayant un intérêt commun. Un intérêt commun n’ayant pas de meilleur endroit pour grandir.

La question est profonde et sans réponse, mais un réseau social peut-il « naître grand » et à partir d’early adopters qui n’ont comme seul intérêt d’être premiers ou doit-il naître d’un groupe d’utilisateurs dédiés et offrant seulement les fonctionnalités nécessaires pour ce groupe?

Je penche pour la deuxième option. Un réseau se bâtit autour de gens dédiés.

Une cause, une vision.

Pourquoi des millions d’individus créent du contenu tout à fait gratuitement? Pourquoi certains lancent de nouveaux logiciels et de nouveaux services tout à fait gratuitement? Pourquoi participent-ils? Pourquoi veulent-ils contribuer sans but précis face à ce qu’ils en retireront?

La réponse est complexe et il n’existe pas d’explication unique. Par contre, chose certaine, en tant qu’humain, nous désirons tous participer à une cause : quelque chose de noble qui fera une différence, quelque chose pour quoi l’argent n’est pas un facteur de motivation. Le simple désir d’accomplir quelque chose de grand est source de motivation. Les gens dédiés à une cause se battent.

Le web et la technologie n’ont pas amené ce besoin d’accomplissement et ce besoin d’appartenir à une cause, ils ont simplement rendu plus accessible la possibilité d’agir en temps qu’acteur de son environnement plutôt que simple spectateur.

Appliqué au monde corporatif, les entreprises montrant du succès sur le web sont bien sûr celles qui oui, offrent un service et des prix concurrentiels, mais qui avant tout véhiculent une idéologie particulière auprès de laquelle les gens (clients et employés) veulent et peuvent se rattacher.

Cette idéologie ensuite justifie l’utilisation de canaux et d’outils différents, puisqu’il faut rassembler les gens autour d’une philosophie et d’une vision commune. Facebook, blogues et autres ne sont pas des outils de développement des affaires. Par contre, les mêmes outils couplés à une idée, à une vision et à une volonté de voir et faire les choses différemment, c’est autre chose et c’est unique.

Pour quoi votre entreprise se bat-elle? Quelle différence cherche-t-elle à faire? Quelle est votre cause? Dans un univers Web basé sur la collaboration et la communication, répondre à ces questions est essentiel.

Un p’tit tour au gym

J’ai souvent comparé le web et le temps nécessaire à investir pour une présence efficace à un gym: l’inscription au mois de janvier après s’être bien gavé pendant le temps des fêtes c’est la partie facile. Lever les poids et courir, trois fois semaines, c’est la partie difficile. Et nul besoin d’expliquer que le gain est dans la deuxième partie.

On peut pousser la réflexion un peu plus loin…

Il se trouve qu’il y a principalement 4 craintes pour un nouveau membre lorsqu’il se présente à un gym:

  1. La peur d’avoir l’air ridicule de par sa non-connaissance de l’équipement et de comment l’opérer.
  2. La peur d’avoir l’air incompétent par rapport aux membres expérimentés.
  3. La peur de se sentir isolé dans un endroit qui, pour les gens de l’externe, semble plus social qu’il ne l’est en réalité.
  4. La peur liée à son aspect physique et d’être jugé, du à l’image qu’on se fait des gens habituellement sveltes qui fréquentent les gyms.

Ces quatre points se transposent directement pour l’adoption du web :

  1. Le mur technologique et la croyance qu’on n’est « pas habile avec la technologie ».
  2. La crainte de ne pas être à la hauteur de ce qui se fait déjà, la croyance que tout a déjà été fait.
  3. La crainte de se sentir isolé par rapport aux « cliques » en place ou par rapport aux influenceurs déjà… bien influents.
  4. La peur d’être jugé de par ce qu’on met en ligne, nos premières interventions, nos erreurs, ce que les autres en penseront, etc.

Il ne faut donc pas plus de temps pour se lancer (excuse classique), mais plutôt un brin d’accompagnement et surtout, savoir se lancer un peu dans le vide.