Il est temps d’arrêter d’évangéliser

Cela fait déjà plusieurs années qu’on évangélise le web et les nouvelles technologies et l’impact de leur utilisation à des fins d’affaires. Une chose intéressante de l’évangélisation, c’est qu’elle entraine l’évangélisation à répétition.

Évangéliser, présenter des plateformes émergentes ou des applications du web à la mode, ça ne sort personne du vide technologique, cela les plonge dans un vide encore plus grand dans lequel il est impossible de démarrer quelconque action concrète. Le cycle est ensuite infini.

Enseigner, c’est de donner des repères dans ce vide technologique. Des repères qui n’ont pas besoin de ré-évangélisation pour perdurer, des repères qui permettent d’entamer des choses, des repères qui permettent de comprendre les nouveautés et d’établir des plans d’action.

Il est temps d’arrêter d’évangéliser.

Stratégie de veille et de filtrage

J’écrivais plus tôt sur les flux RSS et l’importance d’être abonné à une liste qu’il nous est humainement possible de lire. Je mentionnais aussi que je n’étais pas abonné à tous ces blogs de nouvelles web (Mashable, Techcrunch, Gizmodo, etc.), principalement du au fait que ces derniers publient une quantité incroyable d’articles qui demeureront non-lus à 90%, ce qui a comme conséquence de diluer le contenu à forte valeur.

Je ne diminue pas pour autant la valeur de ces blogs et il y a très certainement un intérêt à y être abonné. Par contre, une stratégie de filtrage est souvent adéquate lorsqu’on suit une grande quantité de ces blogs.

Une suggestion : Yahoo Pipes.

Yahoo Pipes permet d’effectuer un traitement sur une série de flux RSS afin de les filtrer. Ainsi, on voit souvent dans les titres des articles de plusieurs blogs de nouvelles des marqueurs comme [VIDEO], [PHOTO], etc. (Voir exemple ici), ce qui permet de filtrer certains types d’articles. Ce n’est bien sûr qu’un exemple, Pipes permet de faire une panoplie de traitements assez avancés.

Voilà, une simple suggestion afin d’avoir une liste de lecture plus agréable à lire. Et possible de lire.

Avoir une liste de lecture…possible à lire

RSS, quelle belle technologie. Technologie nous permettant de nous abonner à nos blogues et contenus favoris et d’agglomérer le tout à un seul et même endroit. Le problème est qu’on recrée consciemment un problème contre lequel on essaie de se battre tous les jours: un trop-plein d’information.

Comment se sort-on d’une boîte de courriel contenant constamment 150 courriels non lus? Plusieurs utilisent la méthode « marqué comme lu », afin de se donner la conscience du devoir accompli, mais on sait tous que le problème est remis à plus tard. C’est la nature du courriel : le niveau de contrôle sur la quantité de courriels que l’on reçoit dans une journée est minime (même si possible à gérer).

À l’opposé, s’il y a bien un aspect sur lequel on a le contrôle, c’est notre lecteur de flux RSS. Pourtant, de façon très consciente, la majeure partie du contenu demeure non lu et le bon contenu passe sous le radar, dilué dans la masse. Le problème, je crois, est qu’on s’abonne à du contenu intéressant et non du contenu pertinent. La différence est importante.

Je ne suis pas abonné à ces blogs (Mashable, Gizmodo, Techcrunch, etc.) qui produisent des dizaines et des dizaines d’articles par jour. Le contenu est intéressant, mais pas nécessairement toujours pertinent et essentiel. C’est ce qui leur permet de publier 20 fois par jour. Je les visite plutôt de façon individuelle de tant à autre ou laisse twitter les filtrer automatiquement.

Dans le monde des conférenciers, certains en sont venus à un nombre maximum de diapositives pour une présentation, puisque l’humain ne peut qu’intégrer un certain nombre maximum de concepts en un laps de temps limité. Pourquoi n’y aurait-il pas une taille maximale à la quantité de contenu auquel il est humainement possible de s’exposer tous les jours afin d’en tirer son plein potentiel?

Lorsqu’on limite son lecteur de flux RSS, on augmente aussi nécessairement la qualité de nos lectures. Ajouter un nouveau blog nécessite peut-être de se désabonner d’un autre. Ce nouveau blog en vaut-il la peine?

Pourquoi ne pas avoir une « zone d’essai » dans sont lecteur, dossier dans lequel on « test » de nouveaux blogs? 10 jours d’essai.

Une vingtaine de blogs (pas de type « nouvelles »), une zone tampon d’une dizaine de jours pour 2-3 blogs à la fois, plus ou moins une quinzaine d’articles par jour, ça semble intéressant.

C’est le printemps, pourquoi ne pas faire le ménage (sauf votre blog favori… bien sûr).

Blogues d’affaires, équipes et caractéristiques communes

L’utilisation d’un blog à des fins d’affaires ou encore du web dans son ensemble est un point souvent très problématique en entreprise.

En effet, une vitrine statique c’est facile et particulièrement tentant à mettre en place : le niveau d’engagement et de responsabilité est en effet plutôt minime.

Lorsqu’il s’agit de publier du contenu et d’adopter une approche plus dynamique, tout se corse. Que dit-on? Dans quelle langue? À qui s’adresse-t-on? Quelle est notre approche? Pourquoi le fait-on? Quelles sont nos attentes? Quelles sont les attentes de notre auditoire? Qui est en charge? etc., etc., etc.

Ce sont des questions accessoires.

Les deux caractéristiques que j’observe des entreprises qui partent avec une longueur d’avance dans ce monde rapide basé sur le web sont:

  • Capacité et volonté de l’équipe à assumer les risques et responsabilités de tout ce qui vient avec la publication et la mise en ligne de contenu sur une base régulière;
  • La volonté de travailler en équipe, de créer des comités de discussion et de ne pas relayer la responsabilité à une seule personne.

Ça semble tout simple.

Le fait est que peu de personnes et d’équipes sont prêtes à sacrifier le confort du day-to-day pour un monde rempli d’opportunités, mais dans lequel les risques et les enjeux sont un peu plus grands et dans lequel il y a des comptes à rendre.

Le fait est aussi que d’engager un gestionnaire de communauté ne règlera pas magiquement la question, au même titre qu’un ou une réceptioniste classique ne peu répondre à toutes les interrogations : elle ne peut que les relayer aux bonnes personnes.

Les bonnes personnes. C’est Jim Collins, l’auteur de Good to Great, qui disait que ce n’était pas où l’autobus allait qui était important, mais bien les gens qu’on mettait dedans qui comptait. L’autobus se rendra bien ensuite à quelque part d’intéressant.

Somme toute : les bonnes personnes, acceptation des risques (et aussi des bénéfices qui en découlent!), travail d’équipe et collaboration.

À noter que bonnes personnes mène aussi souvent directement à acceptation des risques et travail d’équipe. Comme la vie fait bien les choses.

Meilleur achat 2011, un 15$ bien investi

Quelques lignes pour partager mon meilleur achat 2011 (jusqu’à présent):

Antisocial, une application pour OS X qui désactive l’accès à la majeure partie des sites de nature sociale pendant une période que l’on définit au démarrage du logiciel.

La seule façon de désactiver le tout? Redémarrer l’ordinateur.

Productivité garantie.

Oui, Mac OS X seulement, soit l’autre meilleur achat que vous pouvez faire.

Suivre la tendance…

Ça me fait penser à une certaine industrie du numérique…

L’important n’est pas tant de suivre les tendances, mais de savoir lesquelles suivre et conseiller.

Je sais, plus facile à dire qu’à faire. Mais bon, d’un oeil externe, tout devient tellement plus clair.

Transparence et implanter une idée

La transparence c’est bien, voire même essentiel à plusieurs niveaux dans un monde bâti autour du web.

Par contre, je ne crois pas que cela implique de tout dire, à n’importe quel moment : il y a un temps opportun pour tout.

Je me suis récemment inscrit à une infolettre. Dans le bref courriel de remerciement reçu suite à l’inscription, la moitié du contenu (soit environ 2 paragraphes) était consacré à expliquer comment me désabonner et qu’un lien de désabonnement serait présent dans chaque courriel subséquent que je recevrai.

Ce courriel aurait été une bonne occasion de me mettre dans l’attente de la prochaine infolettre, de bâtir une certaine forme d’enthousiasme et de me confirmer en quelque sorte que je ne regretterais pas cet abonnement. Ainsi, je n’en sais pas vraiment plus sur le futur contenu de cette infolettre, outre le fait qu’elle contiendra un lien de désabonnement.

J’ai apprécié la transparence, mais déjà, l’idée qui m’a été implantée, est qu’un jour j’aurai besoin du lien de désabonnement…

Accepter l’imperfection

Pendant des années, l’entreprise traditionnelle a vécu dans un monde dans lequel tout ce qui était rendu public devait être approuvé et révisé plusieurs fois, par plusieurs personnes.

C’était un jeu d’essai-erreurs coûteux (en temps et en argent), sans la possibilité de corriger. Du moins, pas rapidement.

Sur le web avec cette approche, soit on ne livre rien, soit on le livre trop tard. C’est en fait son caractère distinctif : pouvoir mettre en ligne du contenu ou un produit très rapidement, aller y chercher de la rétroaction et ensuite réagir, tout aussi rapidement.

De plus, les gens tendent à partager ou adopter plus facilement l’imperfection, plutôt que ce qui respire le contrôle.

Ainsi, mieux vaut accepter l’imperfection initiale et ajuster le tir en cours de route, autrement on avance peu.

Pas l’temps

On utilise souvent la phrase « je n’ai pas l’temps » lorsqu’il est question de passer à l’action.

Travaillant en collaboration avec des entreprises pour les aider à mieux intégrer le web à leurs affaires, c’est une phrase plutôt récurrente.

Ce qui est surprenant, c’est qu’au quotidien j’entends rarement la phrase « je n’ai pas le temps pour cette réunion » ou « je n’ai pas le temps pour rédiger ce rapport que personne ne lira ».

Nous sommes confortés par la rédaction de rapports ou encore l’organisation de réunions, mais leur utilité est parfois questionnable.

De plus, on cherche rarement à optimiser notre façon de faire les choses : on ne peut pas acheter du temps, mais on peut très certainement en libérer en utilisant de meilleurs outils, des méthodes de travail plus efficaces, en supprimant des tâches de notre horaire qui ne sont pas génératrices d’actions, etc.

Tout est question de priorité et d’optimisation.

Nous n’avons pas besoin de plus de réseaux sociaux…

Nous avons besoin de plus d’outils et de technologies qui nous permettent de connecter ensemble le « en ligne » et le « hors ligne ».

C’est entre autres ce que des compagnies comme 37signals, Eventbrite, BillMonk, Freshbooks et Groupon (et j’en passe) permettent de faire.

Étrangement, ce sont aussi des compagnies avec un modèle d’affaires et de revenu assez clair.

C’est bien de connecter les gens en ligne, mais connecter les gens hors ligne via le web me semble une meilleure opportunité à long terme.

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