Réflexions et idées pour agents de changement
Influence, influenceurs et faire bouger les gens
On a beaucoup parlé d’influence cette semaine. Jamais une liste des 100 plus influents dans le domaine du web au Québec n’aura fait autant jaser.
On pourrait s’attarder à la pertinence d’un tel classement, les métriques mesurées et si cela représente un réel indicateur d’influence, mais ce n’est pas l’objectif.
Faisant abstraction de cette liste, il est pertinent d’observer ce qu’est un influenceur.
Les vrais influenceurs font bouger les gens. Vraiment bouger. Physiquement.
Non seulement ils font bouger les gens, mais ils les réunissent, les rassemblent. Ce sont eux que les marques et entreprises veulent rejoindre, puisqu’ils ont le pouvoir de créer des occasions de rassemblement.
D’ailleurs, on peut retrouver cette influence à plus petite échelle: au sein d’une entreprise, d’une équipe, d’un groupe d’amis, etc.
Qu’une personne ait un réseau de 50 ou 50 000 personnes (sur twitter par exemple) ou qu’elle fasse partie d’une petite équipe de 6 personnes, c’est l’aptitude à dynamiser ce réseau qui fait de cette personne un influenceur.
La taille du réseau, c’est un bonus, l’aptitude demeure.
Le problème des services mobiles de check-in
Le problème avec les services de check-in a la Foursquare, Gowalla ou Facebook Places est qu’on récompense (et encore…) seulement le maire ou les actions que peut générer le maire. Sans même parler spécifiquement des applications de check-in, à plus haut niveau encore, on observe que la majeure partie des applications mobiles sont basées sur l’influence d’une décision d’achat dans l’immédiat.
Oui récompenser le maire ou les plus influents, oui offrir des promotions particulières pour les nouveaux clients, mais l’assiduité et la loyauté est ce qu’on cherche à bâtir sur le long terme.
Le modèle qui m’apparait le plus évident est de remplacer la bonne vieille carte de fidélité qui, avouons-le, est un peu dépassée. Elle est facile à endommager, à perdre ou à oublier alors que pour la plupart, nous avons notre téléphone mobile avec nous en tout temps.
Ce qui m’apparait essentiel si on veut que le système soit exploitable à grande échelle et surtout adopté par le plus grand nombre de gens, c’est de récompenser l’assiduité et la loyauté d’un maximum de clients.
Le temps comme vecteur de compétition
Qu’on le veuille ou non, avec la venue du web, le temps est devenu un des plus importants vecteurs de compétition, et ce, à plusieurs niveaux :
- L’expérience utilisateur
- La relation client
- La création de contenu
Au niveau de l’expérience utilisateur, particulièrement lorsqu’on parle du Web, le temps de réponse est un facteur critique. Marissa Mayer de Google l’a dit à plusieurs reprises: les utilisateurs répondent de façon extrêmement favorable à la vitesse. Le temps de réponse est un facteur qu’on ne peut se permettre d’ignorer lorsqu’on cherche à améliorer l’expérience utilisateur.
Pour ce qui est de la relation client, avec entre autres la venue d’outils comme twitter, le temps réel est devenu la norme pour de plus en plus de gens. Que ce soit lors d’un contact avec le service à la clientèle d’une entreprise ou pour la livraison d’un produit acheté sur le Web, la vitesse joue un rôle énorme sur notre perception de l’entreprise.
Un des facteurs ralentissant le plus l’adoption des médias sociaux, des blogues et du web social en général (donc entre autres la création de contenu) est le manque de temps à investir. par contre, une partie importante de la relation client s’effectue maintenant sur ces réseaux, y être est plus ou moins une option.
« Le temps c’est de l’argent » n’aura jamais été aussi vrai.
Twitter et Publicités dans la Timeline: Pourquoi Maintenant?
Twitter a annoncé aujourd’hui que des publicités seront très bientôt introduites dans le fil de nouvelles des utilisateurs et la fameuse question que tout le monde se pose est: « comment les utilisateurs réagiront-ils? ».
Honnêtement, je crois que le tout va très bien passer.
Puisque ce n’est visiblement pas l’idée du siècle d’introduire des tweets publicitaires dans la timeline, la vraie question à se poser est: pourquoi avoir attendu si longtemps pour un modèle de revenu si simple? Eh bien, twitter a souvent annoncé que l’entreprise n’était pas pressée d’introduire un modèle de revenu au service…Et elle est là la nuance: ce n’est pas que twitter n’était pas pressé de trouver un modèle de revenu, l’entreprise n’était seulement pas pressée d’en introduire un. Le modèle de revenu, il est clair et net depuis longtemps.
Lorsqu’on saisi la nuance, le réponse à la question « pourquoi si longtemps avant un modèle de revenu si simple » est claire: twitter se devait de construire une communauté solide qui ne serait pas tentée d’aller voir ailleurs et de déserter le service à chaque annonce quelque peu négative.
Admettons-le, twitter a une communauté solide, peu de compétition dans sa niche et beaucoup considère le service comme une stratégie marketing importante au sein de leur entreprise. Il était important aussi de voir quelles applications externes (TweetDeck, Hootsuite, etc.) allaient survivre pour forger des alliances stratégiques: il est important de noter que les premiers tweets publicitaires seront présentés aux utilisateurs de la plateforme Hootsuite, qui avec plus de 900 000 utilisateurs, profitera des annonces.
Quitter le service pour quelques tweets non sollicités? Non, pas à ce stade-ci. Il y a un an…Peut-être. La stratégie de revenu de twitter est définie depuis bien longtemps…
Créer une page Facebook pour une entreprise (compte d’entreprise)
Une des nombreuses contraintes en entreprise lorsque l’on parle des médias sociaux est le fait que les gens à l’emploi de la compagnie peuvent changer d’entreprise à tout moment. Il est donc essentiel dans certains cas de planifier cet aspect pour ne pas « attacher » une page Facebook (par exemple) à l’employé qui sera responsable de la maintenir au moment de sa création.
Facebook est particulièrement problématique puisque lorsqu’un utilisateur crée une page Facebook, il demeure créateur et administrateur à jamais et les transferts de responsabilités avec Facebook peuvent ensuite être quelque peu douloureux si on veut changer la responsabilité.
Heureusement, Facebook offre des comptes pour entreprises et ces comptes sont liés à une adresse courriel seulement. Il n’y a donc pas de profil traditionnel qui vient avec ce genre de compte, seulement la possibilité de créer des pages et de gérer des campagnes de publicité Facebook.
Le processus est relativement simple, mais pas très publicisé, alors voici comment créer une page pour une entreprise.
Se détacher de tout profil personnel
Il faut premièrement être déconnecté de Facebook et de son profil personnel. Ensuite, sur la page principale, vous trouverez un lien « Créer une Page pour une célébrité, un groupe de musique ou une entreprise.« . Cliquez sur ce dernier.

Entrer les détails de la page
Ensuite, entrez les détails traditionnels de la page et cliquez sur le bouton « créer une page« .

Créer le compte entreprise
Finalement, on vous présentera une page avec deux options. Choisissez « Je n’ai pas de compte Facebook« , remplissez les quelques champs et c’est terminé. Entrez de préférence une adresse de courriel qui n’est pas attachée à un employé en particulier, utilisez une adresse générale que vous pouvez à la limite utiliser pour toutes vos présences Web.

Vous avez maintenant une page Facebook pour votre entreprise et qui est indépendante de celui qui la maintient.
Twitter et la montée du sensationnalisme
Ce sera rapide. J’adore twitter en temps qu’outil de communication et de partage et c’est extrêmement rafraichissant de voir l’impact qu’a la plateforme dans plusieurs domaines. Par contre, le sensationnalisme qui accompagne le contenu partagé sur twitter commence à me fatiguer un peu. La vitesse à laquelle l’information voyage et la longueur des messages ont fait en sorte que des titres de plus en plus percutants et accrocheurs sont apparus simplement pour attirer du trafic. C’est bien des titres accrocheurs et percutants, mais il ne faut pas tomber dans la tromperie, l’opportunisme et la désinformation. En fait, je suis le premier à prôner l’importance des titres, je remarque simplement une montée un peu démesurée du besoin de sensationnalisme.
Mais bon, ce n’est pas seulement de la faute des créateurs de contenu, c’est aussi de la faute des usagers qui s’habituent à cette information rapidement consommée et retweetable.
Le Web et le jour où on brisera la barrière de la langue
Un événement assez banal hier m’a fait réalisé que bien que le Web ait virtuellement éliminé toutes frontières, la barrière de la langue est toujours présente et complètement ridicule. Hier, j’ai écrit un « tweet » en français et à ma grande surprise, un de mes followers anglophone l’a retweeté :

Un tweet extrêmement anodin donc, mais qui m’a valu un retweet d’un follower anglophone et qui m’a un peu prit par surprise. Tim avait utilisé la fonctionnalité « translate » de TweetDeck qui permet de traduire des tweets et ce n’est pas la première fois que quelque chose du genre m’arrive.
Cela m’a fait réaliser jusqu’où le Web pourrait aller dans l’abolition des barrières, incluant celle de la langue. Pour l’instant, les fonctions de traduction sur le Web constituent un processus manuel. Cela veut dire qu’il est nécessaire de se rendre compte qu’on est incapable de comprendre ce qui nous est affiché et il faut ensuite prendre action pour traduire le contenu. Le problème est que pour que je veuille prendre le temps de traduire du contenu, il faut que je sache que ce dernier est intéressant, mais comme je ne peux pas le lire, c’est facile de passer à autre chose.
C’est dommage, car je suis certain qu’il y a des gens qui ont des idées extrêmement intéressantes, mais qui parlent allemand ou espagnol et cela m’empêche de « connecter » avec ces personnes. Devrait-on tous parler anglais pour simplifier le tout? Non.
Ma vision d’un Web accompli sera lorsque mes conversations sur twitter (ou tout autre médium de communication le temps venu…) seront traduites en temps réel et de façon tout à fait transparente. Si un jour je peux parler en français à un allemand, qu’il peut me parler en allemand et que le tout est traduit de façon transparente en temps réel, nous aurons effectivement éliminé presque toute forme de barrière. Pourquoi s’arrêter à la langue quand langue et bonnes idées sont tout à fait indépendantes?
Je sais qu’il y a quelques services en développement pour arriver à ce genre d’interaction (messenger), mais nous sommes loin d’un standard et d’une implémentation à grande échelle.
Ce n’est pas suffisant n’ont plus de le faire pour un seul service indépendant : selon moi, il faut aussi que ce soit un service centralisé et indépendant de la plateforme, un service que quiconque bâtit une application Web à nature sociale puisse se servir.
Soirée Web affaires à Sherbrooke réussie : j’oublie même de payer
C’était la deuxième soirée Web affaires à Sherbrooke (non, on n’a toujours pas de nom) et ce fût une fois de plus une soirée extrêmement intéressante. J’ai été très heureux de revoir quelques visages connus et de faire plusieurs nouvelles connaissances : les gens dans le Web en Estrie sont des gens extrêmement passionnants ET passionnés.
Je n’ai pas de chiffres officiels, mais je crois que le nombre de participants a facilement doublé depuis la dernière rencontre.
En fait, ça a tellement été passionnant que j’ai oublié de payer mon repas en partant. Le fait cocasse : je ne peux me cacher sous le couvert de l’anonymat, le propriétaire du resto-bar le Liverpool ou l’événement se déroulait était présent. Et il lit mon blogue aussi. Ouais.
La Foire Aux Meubles : Parce que j’aime ça et c’est fait au Québec
Étienne Chabot nous a tous fait découvrir cette semaine « La Foire Aux Meubles », une initiative de Meubles Rive-Sud. Le concept est particulièrement simple : trouver le meuble le plus laid au Québec en cette période de déménagement. Il suffit tout simplement d’envoyer votre laideur préférée et ensuite la communauté se charge du reste en votant pour le meuble le plus laid.
Le tout est bien sûr sous la forme d’un concours et le gagnant remportera le prix suivant :
- Un mobilier de chambre d’une valeur de 700$
- Les services de décoration d’une pièce par un designer intérieur
- 6 Pizza Extra-Larges une gracieuseté de Restaurant Mikes
- 3 Caisses de Bière une gracieuseté de Carlsberg ( 3 caisses de 24 bouteilles x 330 ml.)
J’applaudis l’initiative. Souvent au Québec on a tendance à parler des projets et des initiatives Web qui ne fonctionnent pas et pas assez de celles qui sont géniales et fonctionnent. Comme j’ai parlé la semaine passée de duproprio.tv, j’aime parler des projets à succès. La Foire Aux Meubles, c’est ça. Une campagne promotionnelle créative, intelligente et basée sur les médias sociaux et le bouche à oreille. Oui, c’est vrai, c’est une campagne promotionnelle et il y a une entreprise derrière, mais ce n’est pas l’entreprise qui est le centre de la campagne, c’est le concours et les gens qui y participent.
Disons-le, le secteur de la vente de meuble n’est pas le secteur le plus high-tech et plusieurs entreprises traditionnelles ne trouvent pas le moyen d’entrer dans le monde des médias sociaux parce qu’ils croient ne pas pouvoir attirer l’attention vers leur marché peu excitant. Ces dernières ont tout à apprendre de La Foire Aux Meubles.
Il ne sera probablement pas possible de calculer le retour sur investissement de façon directe et précise et j’entends déjà « une campagne de médias sociaux ça ne sert à rien, on ne peut pas calculer le retour sur investissement ». Parce que vous savez comment calculer le retour sur investissement d’une annonce à 25 000$ à l’endos de la revue Décormag? Dans le cas de La Foire Aux Meubles, il est au moins possible de calculer les ventes sur le site Internet directement liées à la campagne promotionnelle. Mais le plus important: les gens en parle et pas besoin d’un PhD en physique nucléaire pour le voir.
Bâtir un petit site comme la Foire Aux Meubles ne coute pas une fortune en 2009 et la visibilité qu’ira chercher Meubles Rive-Sud est probablement 25 fois plus importante que ce qu’elle serait allée chercher en publiant une annonce dans un média traditionnel : on en a parlé toute la semaine sur twitter et sur les blogues. Maintenant, je connais Meubles Rive-Sud grâce à un niveau d’engagement qui n’est pas possible dans les médias traditionnels.
Beau projet, fait au Québec.
Voici l’horreur gagnante jusqu’à présent:

Les entreprises et le Web : réagir plutôt que contrôler
Thoma Daneau a publié un article aujourd’hui sur comment utiliser twitter pour gérer son image de marque et cela m’amène à aborder un sujet que je crois extrêmement important pour les entreprises à l’ère du Web : réagir plutôt que de contrôler.
Pendant des années, les entreprises ont essayé de contrôler leur image par le message qu’elles transmettaient. Avec les journaux, la radio, la télévision, les communiqués de presse et tous les médias à communication unidirectionnelle, il était facile de contrôler ce message. Il était facile de présenter une image différente de ce qu’une entreprise était réellement. En 2009, ce n’est plus possible et ce le sera encore moins dans les années à venir.
Alors, peu importe comment le message est distribué, l’image d’une entreprise est maintenant définie par le bouche à oreille et les conversations sur les blogues et les médias sociaux. La question n’est donc plus « Comment contrôler notre image par le message? », mais bien « Comment peut-on réagir à temps et de la bonne façon pour contrôler notre image? ».
Le niveau de contrôle est le même, la façon de l’obtenir est différente. N’importe qui peut nuire à l’image d’une entreprise, la façon et la vitesse à laquelle elle réagit, c’est ce qui fera la différence.
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