Échec et innovation

James Dyson a premièrement du créer 5 127 prototypes avant d’en arriver à un aspirateur à la hauteur de ses attentes et fonctionnant parfaitement. Steve Wozniak, cofondateur de Apple, a dessiné et raffiné pendant des années sur papier des concepts de circuits électriques pour ce qui deviendrait éventuellement le premier ordinateur personnel.

Malgré tout ça, l’entreprise moderne récompense les employés qui se conforment et pour la plupart, n’encouragent pas l’essai. Ces mêmes entreprises ont tous le désir d’innover et de faire les choses différemment, mais s’attendent à des actions et des résultats très précis de la part de leurs employés.

Il y a somme toute très peu de place pour l’échec. Non pas pour l’échec public, mais pour l’échec interne : pour proposer une idée farfelue, pour prendre quelques heures afin de tester un nouveau concept et peut-être même pour rassembler un petit groupe de gens afin d’essayer quelque chose de nouveau.

Lorsque l’avancement dans une entreprise est donné au meilleur exécutant et à celui se conformant le mieux, on envoie le message que la conformité est à la source du succès. Mais ensuite on demande paradoxalement aux gens d’être créatifs et cela est impossible puisque c’est exactement ça qui leur coûtera leur emploi dans un tel contexte.

Y a-t-il place à l’échec et à l’essai dans votre entreprise? Et encore mieux, les gens sont-ils récompensés pour le faire?

Une réponse à “Échec et innovation”

  1. Michael dit :

    La belle question! Pour pouvoir répondre, je dois faire une préface: le commentaire ci-bas représente mon opinion et non celle de mon employeur.

    Ici, tout est mesuré à l’impact perçu par la chaîne de gestion. Le travail au quotidien, tout comme l’innovation, sont mesurées au rendement et, au final, à l’argent gagné ou économisé.

    L’innovation reste la tâche des passionnés, des créatifs et des gens qui savent se déconnecter quelques heures par semaine de l’impératif de productivité. C’est comme le fameux 20% de temps libre vanté par une autre grosse compagnie, sauf que l’autre partie est un 110% de boulot.

    Pour chaque heure investie dans un projet d’innovation, les autres travailleurs gagnent une heure de travail en ligne avec les objectifs d’affaires. Ça peut faire mal rendu à la revue annuelle. Il y a donc un équilibre de Nash qui décourage l’innovation.

    Les projets dont l’impact est subjectif (ex: les programmeurs sont plus efficaces) sont moins bien vus que les projets quantifiables (ex: la compilation est 25% plus rapide). Il y a donc une catégorie complète de projets avec un risque considérable d’échec et une faible récompense.

    Bref, par chez nous, l’innovation est un risque et l’échec est à la charge de l’individu. Il faut soit être bien placé ou passioné pour pondre quoi que ce soit.

    Quand ton système de revue de code vient de deux mecs tannés dans un bar (ref. CodeFlow), ça donne une idée des priorités…