Benoit Tremblay

Réflexions et observations sur la technologie, les affaires et le changement.

Fini la carotte

Il y a un défi considérable en ce moment au niveau de l’emploi et des attentes des plus jeunes générations face aux emplois qu’ils occupent ou occuperont. On observe entre autres un problème flagrant quant à la rétention de la main d’oeuvre et l’acquisition de nouveaux talents.

Analyse simpliste et trop sommaire, probablement, mais l’entreprise moyenne souffre du syndrome de la carotte.

Historiquement, au coeur de la révolution industrielle, la relation employeur/employé était plutôt minimaliste: vous étiez considéré comme chanceux d’avoir accès à un emploi, le quotidien était une répétition machinale de tâches, de bons coups était ce qui était attendu et de mauvais coups menaient à votre remplacement. Un système basé en quelque sorte sur la peur et sur le modèle récompense / punition.

C’est le modèle de la carotte : une qualité de travail est attendue en fonction de la promesse hypothétique d’une récompense.

Qu’on le veuille ou non, le modèle du travail de bureau est inspiré de la révolution industrielle. Des bonus à la performance, une hiérarchie à plusieurs niveaux, la réprimande pour un mauvais coup, la corde raide de l’emploi Vs. plus d’emploi, etc.

Ce modèle malheureusement ne fonctionne plus et pour une raison très simple:

Plus personne n’a besoin d’une permission pour lancer une initiative et l’accès rapide à la rétroaction limite la sensation d’échec pour plutôt laisser place à un processus d’amélioration continue. L’initiative est aussi très rarement motivée par une « carotte » (récompense) à court terme, mais plutôt par une croyance beaucoup plus grande, par un besoin d’accomplissement.

Il est important de comprendre l’impact qu’a eu le web sur l’initiative, l’échec et le besoin de « demander une permission » ou encore « d’avoir sa chance ». Démarrer une nouvelle application? L’espace est libre. Démarrer un blog? L’espace est libre. Produire des films amateurs et les mettre en ligne? L’espace est libre.

Aucun frein à l’initiative, l’accès à un bassin d’utilisateurs qui trouveront très certainement ce que vous faites intéressant et dans le pire des cas, l’accès à de la rétroaction très rapide pour corriger les faux pas.

L’environnement de bureau ou de travail classique est tout le contraire:

  • Besoin d’approbation
  • Besoin de permission
  • Attente sournoise que les autres subiront l’échec
  • Une bonne action = une carotte

C’est simpliste, mais comprendre l’impact du web sur les attentes des plus jeunes générations et de leurs attitudes face au travail est essentiel dans une optique de rétention et d’acquisition de talents. L’initiative, l’absence de barrières dans un monde virtuel et une vision complètement différente de l’échec sont à la base de cet impact.

Benoit TremblayPrésident de i5 Conseil, je partage sur ce blog mes observations sur la technologie, les affaires et le marketing. En savoir plus.

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Une réponse pour “Fini la carotte”

  1. [...] est pour ces agents de changement et consiste à prendre librement l’initiative d’intégrer graduellement le web à l’entreprise, par des microprojets et en [...]

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