Quel est le plus grand fléau social de notre époque? L’alcool au volant, l’intimidation, l’obésité, le décrochage? Difficile à dire, puisque pour chaque personne, il existe un fléau social à enrayer.
Il n’existe donc probablement pas de problème isolé sur lequel on peut mettre le doigt et qui mériterait qu’on y dédie toute notre attention, mais une croyance inquiétante pourrait mériter qu’on s’y attarde. Une tendance qui permettrait par le fait même de changer les choses si renversée.
Cette tendance ou croyance est celle qu’une bonne campagne publicitaire permet de sensibiliser la population et est un pas de plus vers la résolution d’une problématique sociale. Cette fâcheuse croyance a pour effet de débloquer des budgets monstrueux dans des postes budgétaires qui malheureusement n’apportent pas les bénéfices espérés à long terme (mais cela demeure l’option la plus facile, donc c’est un cercle vicieux).
Ainsi, une forte concentration de nos cerveaux et de nos créatifs (éducation des cerveaux que nous avons tous contribué à financer) se retrouve en publicité, en marketing et dans des domaines connexes (puisque qui dit budget, dit emplois). C’est sexy, plus payant et stimulant.
Peu se retrouvent en éducation, en politique et à la tête d’initiatives ou d’entreprises pouvant faire une différence concrète, alors qu’elle est probablement là la solution. Mais c’est moins sexy et peu attrayant. Peu payant aussi.
On encense la publicité, on encourage peu l’éducation et le résultat est de plus en plus évident.
Note: la publicité a sa raison d’être et il est très louable de travailler dans ce domaine, le point n’est pas là. La problématique provient plutôt de l’approche face aux problèmes de société qui nous maintient dans une boucle sans fin d’inefficacité et qui nous coupe d’un talent créatif qui aurait autrement le pouvoir de faire une réelle différence.