Quelle est la prochaine étape?

L’approche classique devant un projet est de le diviser en étapes, en tâches et en livrables bien définis. À l’avance. Plusieurs semaines, voir plusieurs mois à l’avance.

On attribue cette responsabilité à un gestionnaire de projet: une personne à qui on donne le rôle de juxtaposer les étapes du projet dans un tout cohérent en fonction des ressources disponibles, tout en minimisant les risques et les incertitudes.

On s’attend de cette personne qu’elle soit en contrôle et à tout moment, soit en mesure de connaitre « la prochaine étape ». Autrement, c’est un problème de gestion ou même de leadership.

Et si on reconnaissait qu’à tout moment donné, il est possible de ne pas savoir la prochaine étape?

Et si on admettait que la « prochaine étape » planifiée au départ n’est plus d’actualité une fois rendue à mi-projet plutôt que défendre son plan initial?

Et si on reconnaissait qu’il est de plus en plus difficile pour un projet technologique de connaitre à l’avance la meilleure série d’étapes pour en arriver au meilleur produit?

On changerait probablement la façon de voir les choses et le défi ne deviendrait plus de connaître la meilleure série d’étapes à l’avance, mais deviendrait plutôt de trouver le chemin le plus court vers la prochaine étape la plus logique, et ce, pour en arriver au meilleur résultat final.

On changerait aussi considérablement le rôle du chargé de projet, qui aurait la responsabilité de mettre en place une culture d’essais-erreurs et de rétroaction rapide, plutôt que de tout couler dans le béton.

Un peu chaotique? Surement. Pas pour tous les types de projets? Probablement. Pas pour toutes les équipes? J’imagine.

Pourquoi s’inscrire

J’ai fait mon early-adopter hier : abonnement à Google+ et tout le tra la la, Google+ étant la toute dernière initiative de Google pour se lancer dans le monde des réseaux sociaux.

C’est bien fait. C’est sympathique. C’est beau. C’est innovateur à plusieurs points de vue.

La question qui tue : quel besoin la plateforme remplit-elle? Avais-je un besoin social à combler que Facebook, twitter, Skype et le courriel n’arrivaient pas à combler? Pourquoi le réfèrerais-je absolument à un ami?

Sans marquer Google+ de succès ou d’échec, ce sont des questions importantes qui sont facilement oubliées dans l’effervescence de bâtir quelque chose de stimulant ou dans l’intérêt de créer un compétiteur pour des raisons d’affaires.

La pluspart des plateformes sociales démarre petites puisqu’elles rassemblent des gens ayant un intérêt commun. Un intérêt commun n’ayant pas de meilleur endroit pour grandir.

La question est profonde et sans réponse, mais un réseau social peut-il « naître grand » et à partir d’early adopters qui n’ont comme seul intérêt d’être premiers ou doit-il naître d’un groupe d’utilisateurs dédiés et offrant seulement les fonctionnalités nécessaires pour ce groupe?

Je penche pour la deuxième option. Un réseau se bâtit autour de gens dédiés.

Ce qu’il faut savoir, aujourd’hui.

Chaque matin, je reçois l’infolettre « 10 Things in tech you need to know » de Business Insider. Le principe est simple : quelqu’un est responsable de filtrer les nouvelles de la veille et présente dans une infolettre les 10 nouvelles les plus importantes, ce qu’il ne faut pas manquer bref.

Ça me sauve un temps fou, m’évite de suivre une foule de blogues technologiques rapportant plus ou moins les mêmes nouvelles et cela fait maintenant partie d’une certaine routine matinale. C’est un outil de productivité.

Ce à quoi cela m’amène à réfléchir est : pourquoi ne pas introduire une routine similaire à l’intérieur de l’entreprise? « 10 choses à savoir ce matin  » ou encore « 10 choses à savoir cette semaine ». Un mélange de veille stratégique et de nouvelles importantes concernant l’entreprise ou ses compétiteurs. Cela peut être fait au niveau de l’entreprise dans son ensemble ou encore par département, tout dépendant de la taille de cette celle-ci.

Ainsi, moins de « Ah, je n’étais pas au courant!».

Les points importants pour que cela soit utile :

  • Maximum 10 points, sinon c’est trop d’information;
  • Une ligne par nouvelle avec un lien vers plus d’information si nécessaire. 10 paragraphes n’obtiendraient pas le même taux de lecture;
  • Pas de termes corporatifs endormants : aller directement au but;
  • L’information relayée doit être liée au travail des personnes qui la reçoive, considérer plusieurs listes pour plusieurs départements;
  • Assurer une pérennité en stockant les envois dans un point central : l’Intranet de l’entreprise par exemple.

Une cause, une vision.

Pourquoi des millions d’individus créent du contenu tout à fait gratuitement? Pourquoi certains lancent de nouveaux logiciels et de nouveaux services tout à fait gratuitement? Pourquoi participent-ils? Pourquoi veulent-ils contribuer sans but précis face à ce qu’ils en retireront?

La réponse est complexe et il n’existe pas d’explication unique. Par contre, chose certaine, en tant qu’humain, nous désirons tous participer à une cause : quelque chose de noble qui fera une différence, quelque chose pour quoi l’argent n’est pas un facteur de motivation. Le simple désir d’accomplir quelque chose de grand est source de motivation. Les gens dédiés à une cause se battent.

Le web et la technologie n’ont pas amené ce besoin d’accomplissement et ce besoin d’appartenir à une cause, ils ont simplement rendu plus accessible la possibilité d’agir en temps qu’acteur de son environnement plutôt que simple spectateur.

Appliqué au monde corporatif, les entreprises montrant du succès sur le web sont bien sûr celles qui oui, offrent un service et des prix concurrentiels, mais qui avant tout véhiculent une idéologie particulière auprès de laquelle les gens (clients et employés) veulent et peuvent se rattacher.

Cette idéologie ensuite justifie l’utilisation de canaux et d’outils différents, puisqu’il faut rassembler les gens autour d’une philosophie et d’une vision commune. Facebook, blogues et autres ne sont pas des outils de développement des affaires. Par contre, les mêmes outils couplés à une idée, à une vision et à une volonté de voir et faire les choses différemment, c’est autre chose et c’est unique.

Pour quoi votre entreprise se bat-elle? Quelle différence cherche-t-elle à faire? Quelle est votre cause? Dans un univers Web basé sur la collaboration et la communication, répondre à ces questions est essentiel.

Un p’tit tour au gym

J’ai souvent comparé le web et le temps nécessaire à investir pour une présence efficace à un gym: l’inscription au mois de janvier après s’être bien gavé pendant le temps des fêtes c’est la partie facile. Lever les poids et courir, trois fois semaines, c’est la partie difficile. Et nul besoin d’expliquer que le gain est dans la deuxième partie.

On peut pousser la réflexion un peu plus loin…

Il se trouve qu’il y a principalement 4 craintes pour un nouveau membre lorsqu’il se présente à un gym:

  1. La peur d’avoir l’air ridicule de par sa non-connaissance de l’équipement et de comment l’opérer.
  2. La peur d’avoir l’air incompétent par rapport aux membres expérimentés.
  3. La peur de se sentir isolé dans un endroit qui, pour les gens de l’externe, semble plus social qu’il ne l’est en réalité.
  4. La peur liée à son aspect physique et d’être jugé, du à l’image qu’on se fait des gens habituellement sveltes qui fréquentent les gyms.

Ces quatre points se transposent directement pour l’adoption du web :

  1. Le mur technologique et la croyance qu’on n’est « pas habile avec la technologie ».
  2. La crainte de ne pas être à la hauteur de ce qui se fait déjà, la croyance que tout a déjà été fait.
  3. La crainte de se sentir isolé par rapport aux « cliques » en place ou par rapport aux influenceurs déjà… bien influents.
  4. La peur d’être jugé de par ce qu’on met en ligne, nos premières interventions, nos erreurs, ce que les autres en penseront, etc.

Il ne faut donc pas plus de temps pour se lancer (excuse classique), mais plutôt un brin d’accompagnement et surtout, savoir se lancer un peu dans le vide.

De moins en moins évènementiel

Il n’y a pas si longtemps, on pouvait voir la majeure partie des activités d’une entreprise, outre la production, comme des évènements ou comme étant de nature ponctuelle :

  • Campagne de marketing
  • Campagne de recrutement
  • Campagne de sensibilisation

Ce qui est maintenant déstabilisant, c’est qu’on doit passer de campagnes à processus. C’est-à-dire les intégrer à l’entreprise de façon transparente. Alors qu’autrefois il suffisait de dépenser assez d’argent pour déposer des offres d’emplois dans le plus de médias possible pour obtenir le plus de candidatures possible, c’est une tout autre histoire aujourd’hui.

C’est une tout autre histoire, puisque le candidat idéal est rarement synchronisé avec une campagne ponctuelle. De la même façon que l’acheteur idéal n’est pas toujours synchronisé avec une campagne marketing.

Les campagnes ont encore leur place, le vrai défi est d’étendre l’histoire au-delà des campagnes et de donner une pérennité à nos actions afin de synchroniser ses objectifs avec ceux de sa clientèle.

L’importance de démarrer

Peu de personnes savent que Groupon a été démarré à partir d’un projet existant : The Point.

En effet, The Point était (et est encore…) un site à partir duquel les gens peuvent regrouper d’autres personnes autour d’un projet ou d’une action pour laquelle le levier est beaucoup plus intéressant en groupe que de façon individuelle (levée de fonds par exemple). Les gens s’engagent dans une cause ou une action, mais un peu à la Groupon, le tout est déclenché seulement lorsque le nombre de personnes engagé est suffisant.

Groupon est donc un dérivé du concept initial de mobiliser les gens autour d’actions de groupe. Le projet aurait-il été possible sans cette première étape? Peut-être que oui, mais un premier projet a permis de tester ce qui fonctionnait bien ou moins bien dans une dynamique de groupe sur le web. Non seulement ça, mais le premier projet a aussi permis de bâtir une audience sur laquelle il était ensuite possible de s’appuyer, étape critique dans le lancement d’une nouvelle idée.

L’essentiel est donc de démarrer.

Démarrer nous donne le droit d’échouer et l’opportunité de réussir, mais surtout, permet aux idées de progresser tout en rassemblant les gens autour de ces dernières.

5 questions pour l’agent de changement

Pourquoi ce changement est-il important (pour l’organisation)?
C’est le pitch.

Qui a intérêt à ce que ça change?
Donc, qui a le potentiel de gagner au change? Qui sont les guerriers, les autres agents de changement?

Qui aurait été censé avoir eu l’idée?
Parce que c’est plus important qu’on le pense. On attend de certaines personnes ou de certains postes clés un certain type d’idées, une certaine initiative. Dans une entreprise ou organisme en silos, les idées devraient émerger en silos… on menace peut-être le silo de quelqu’un.

Qui sont les gens compétents?
Un changement met en péril leur confort.

Qui a les connaissances pour apprécier et accepter cette nouvelle idée ou proposition?
L’éducation est le plus grand vecteur de changement : on ne peut apprécier ou accepter une idée, un concept ou une proposition que si nous sommes en mesure d’en apprécier toute la teneur. Une bonne dose d’éducation peut s’imposer avant même de proposer un changement.

L’initiative est gratuite

Nous avons vu émerger au courant des années 2000 un nouveau concept auquel plus ou moins personne n’était préparé : la gratuité de l’initiative du à la démocratisation de l’information.

Pendant des décennies, l’accès à un canal de communication de masse était un luxe. L’accès à du matériel technologique spécialisé était la propriété des meilleures écoles et des meilleures entreprises. L’accès à la réalisation de projets d’envergure nécessitait de l’argent, de connaître les bonnes personnes, l’accès à des canaux de communication et de distribution puissants, ainsi que du matériel spécialisé.

Somme toute, un système puissant issu de la révolution industrielle était mis en place afin de freiner la prise d’initiatives : on s’assurait ainsi que tout changement proviendrait du sommet de la hiérarchie, changement qui serait ensuite exécuté par le bas de la hiérarchie.

Tout ce qui était autrefois un frein à l’initiative, comme l’accès à un canal de communication et de distribution de masse, ainsi que des technologies avancées est maintenant démocratisé. Plus beaucoup de choses n’empêchent une personne avec une bonne idée de l’essayer, à temps perdu. De l’essayer et de prendre la chance que cela fonctionne. De l’essayer et de rassembler les gens autour d’une même idée. De l’essayer et d’être le leader d’un projet, d’une idée et d’un groupe de gens. De l’essayer et de réussir.

Est-il logique qu’on puisse avoir accès à ce niveau d’initiative seulement en dehors du travail? Seulement en dehors du système scolaire? Probablement pas.

Alors la question est : comment l’entreprise et l’école moderne peuvent-elles profiter de la gratuité de l’initiative à titre de tremplin pour l’innovation, la libre circulation des idées, la rétention et le recrutement de personnel, la motivation, la collaboration et l’émergence de nouveaux leaders?

De sites web vers services et plateformes

Est-ce que Foursquare est un site web? Est-ce que twitter est un site web? Groupon? Google?

La question se pose puisque de plus en plus, on interagit avec l’information en dehors du cadre du site web prévu initialement: application mobile, site mobile, application de bureau développée par un tierce, courriel, etc.

Dans une économie d’information, c’est la façon de distribuer, de présenter et de filtrer l’information qui a de la valeur.

Ainsi, penser « site web » a probablement de moins en moins de valeur, il faut plutôt penser information et accès à cette information. Quelle est la valeur ajoutée de notre contenu? À qui bénéficie-t-il? Pourquoi? Comment le rendre accessible au maximum de gens?

Cela implique de réfléchir à l’unicité de nos contenus puisque dans une économie d’information, la valeur ajoutée est attribuée au contenu et sa qualité… puis sa disponibilité.

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