Benoit Tremblay

Réflexions et observations sur la technologie, les affaires et le changement.



De sites web vers services et plateformes

Est-ce que Foursquare est un site web? Est-ce que twitter est un site web? Groupon? Google?

La question se pose puisque de plus en plus, on interagit avec l’information en dehors du cadre du site web prévu initialement: application mobile, site mobile, application de bureau développée par un tierce, courriel, etc.

Dans une économie d’information, c’est la façon de distribuer, de présenter et de filtrer l’information qui a de la valeur.

Ainsi, penser « site web » a probablement de moins en moins de valeur, il faut plutôt penser information et accès à cette information. Quelle est la valeur ajoutée de notre contenu? À qui bénéficie-t-il? Pourquoi? Comment le rendre accessible au maximum de gens?

Cela implique de réfléchir à l’unicité de nos contenus puisque dans une économie d’information, la valeur ajoutée est attribuée au contenu et sa qualité… puis sa disponibilité.

Simplifier la complexité pour maximiser l’adoption

Creative commons coucheCreative Commons est une organisation proposant aux auteurs de contenu de protéger ce dernier selon une licence moins restrictive que les droits de propriété intellectuelle standards.

Cette licence est souvent utilisée par exemple par des photographes désirant rendre leur oeuvre public tout en y attribuant une certaine forme de droit d’auteur moins restrictif, encourageant ainsi le partage et l’utilisation.

Ce que je trouve intéressant de Creative Commons, c’est la catégorisation simple des différentes licences et le fait d’avoir décidé de faire des versions « humain readable » ou plutôt « faisant du sens pour les gens ».

L’aspect légal est essentiel, mais en soi n’est pas fait pour être agréable à consulter et à comprendre. C’est pourquoi, pour chaque type de licence creative commons, on retrouve une fiche bâtie pour les humains:

Enfin, il devient simple de comprendre ce qu’on a le droit de faire avec le contenu licencié Creative Commons et c’est probablement ce qui est à la source d’ailleurs de sa grande utilisation par la communauté. Pourquoi lire un texte légal et forcer les gens à le faire quand les grandes lignes sont plutôt simples et assez faciles à communiquer?

Ainsi, je réalise que de plus en plus, nous avons tendance à rendre compliquées des choses toutes simples. Certaines sont complexes de par leur nature, mais la communication des idées et des grandes lignes se doit d’être toute simple pour maximiser l’utilisation et le partage.

Nous avons aussi tendance à vouloir communiquer la complexité de notre travail afin de prouver notre valeur ou du moins la nécessité de nos interventions, mais les gens adoptent et achètent la simplicité, pas la complexité.

Comment rendre notre travail simple aux yeux des autres est aussi une réflexion intéressante qui nous aide à vraiment saisir l’essentiel de ce que l’on fait et de ce qui génère vraiment de la valeur…

Accepter l’imperfection

Pendant des années, l’entreprise traditionnelle a vécu dans un monde dans lequel tout ce qui était rendu public devait être approuvé et révisé plusieurs fois, par plusieurs personnes.

C’était un jeu d’essai-erreurs coûteux (en temps et en argent), sans la possibilité de corriger. Du moins, pas rapidement.

Sur le web avec cette approche, soit on ne livre rien, soit on le livre trop tard. C’est en fait son caractère distinctif : pouvoir mettre en ligne du contenu ou un produit très rapidement, aller y chercher de la rétroaction et ensuite réagir, tout aussi rapidement.

De plus, les gens tendent à partager ou adopter plus facilement l’imperfection, plutôt que ce qui respire le contrôle.

Ainsi, mieux vaut accepter l’imperfection initiale et ajuster le tir en cours de route, autrement on avance peu.

Le temps comme vecteur de compétition

Qu’on le veuille ou non, avec la venue du web, le temps est devenu un des plus importants vecteurs de compétition, et ce, à plusieurs niveaux :

  • L’expérience utilisateur
  • La relation client
  • La création de contenu

Au niveau de l’expérience utilisateur, particulièrement lorsqu’on parle du Web, le temps de réponse est un facteur critique. Marissa Mayer de Google l’a dit à plusieurs reprises: les utilisateurs répondent de façon extrêmement favorable à la vitesse. Le temps de réponse est un facteur qu’on ne peut se permettre d’ignorer lorsqu’on cherche à améliorer l’expérience utilisateur.

Pour ce qui est de la relation client, avec entre autres la venue d’outils comme twitter, le temps réel est devenu la norme pour de plus en plus de gens. Que ce soit lors d’un contact avec le service à la clientèle d’une entreprise ou pour la livraison d’un produit acheté sur le Web, la vitesse joue un rôle énorme sur notre perception de l’entreprise.

Un des facteurs ralentissant le plus l’adoption des médias sociaux, des blogues et du web social en général (donc entre autres la création de contenu) est le manque de temps à investir. par contre, une partie importante de la relation client s’effectue maintenant sur ces réseaux, y être est plus ou moins une option.

« Le temps c’est de l’argent » n’aura jamais été aussi vrai.

Web payant, contenu et modèles d’affaires

Smurf iphone application gratuite

Attention Industry me faisait remarqué la présence du jeu gratuit pour iPhone « Smurf’s Village » comme étant au sommet des applications générant le plus de revenus en ce moment sur l’App Store de Apple.

L’application, ou le jeu, est en soi est gratuite, mais les revenus sont générés à partir d’achats optionnels à partir de l’application. Pratique communément appelée achat « in-app » ou « in-game ».

C’est une situation qui témoigne bien de l’état actuel des services payants sur Web:

  • L’utilisateur s’attend à du contenu gratuit;
  • Il faut limiter les barrières pour l’accès au contenu et le partage de ce dernier (ici la gratuité de l’application);
  • L’achat ou l’engagement de l’utilisateur se fait plus aisément sous forme de micro-paiements;
  • L’utilisateur achète une expérience, pas du contenu à proprement dit;
  • Les revenus sont générés par un faible pourcentage d’usagers qui ont besoin de fonctionnalités plus avancées, ce qui implique qu’un fort taux d’utilisateurs resteront à l’état « gratuit ».

La gratuité est un accélérateur d’adoption, en créant ensuite de la valeur ajoutée ou une expérience particulière, il est possible de complémenter ce modèle de gratuité.

Twitter et la montée du sensationnalisme

twitter_logo_headerCe sera rapide. J’adore twitter en temps qu’outil de communication et de partage et c’est extrêmement rafraichissant de voir l’impact qu’a la plateforme dans plusieurs domaines. Par contre, le sensationnalisme qui accompagne le contenu partagé sur twitter commence à me fatiguer un peu. La vitesse à laquelle l’information voyage et la longueur des messages ont fait en sorte que des titres de plus en plus percutants et accrocheurs sont apparus simplement pour attirer du trafic. C’est bien des titres accrocheurs et percutants, mais il ne faut pas tomber dans la tromperie, l’opportunisme et la désinformation. En fait, je suis le premier à prôner l’importance des titres, je remarque simplement une montée un peu démesurée du besoin de sensationnalisme.

Mais bon, ce n’est pas seulement de la faute des créateurs de contenu, c’est aussi de la faute des usagers qui s’habituent à cette information rapidement consommée et retweetable.

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