Réflexions et observations sur la technologie, les affaires et le changement.
Même si tout le monde s’en fout…
Dans une entrevue datant tout de même de plusieurs années, le célèbre designer Saul Bass disait :
« I want to make beautiful things, even if nobody cares »
Il parlait évidemment de la relation entre un designer et son client : qu’il était probablement plus facile d’accepter l’argent et de faire le minimum nécessaire plutôt que de gruger son budget afin d’en arriver à un résultat exceptionnel, mais que pour lui, c’était important.
Ce n’était donc pas une question d’argent ou même de satisfaction client, c’était de faire honneur à son métier puisque c’était important… même si tout le monde s’en foutait.
Étrangement, même si à priori la qualité exceptionnelle de son travail ne pouvait être appréciée que par peu de gens, c’est probablement ce qui l’a rendu célèbre. Comme quoi on ne peut rester inerte devant le travail bien fait, le travail qui respire le souci du détail, le travail fait pour les bonnes raisons.
Ainsi, le travail qui fait une différence, qui change les choses et devant lequel on ne peut rester indifférent est celui qui est fait pour les bonnes raisons, même si tout le monde s’en fou… au départ.
Voici l’entrevue pour les curieux:
Le site web incompris et une leçon de courriel
Dans l’excellent livre Anything You Want de Derek Sivers, fondateur de CD Baby, il amène une leçon extrêmement intéressante par rapport à la rédaction pour le Web.
À un certain point, son entreprise avait 2 millions de clients, 2 millions de personnes à qui il devait parfois faire un envoi de courriel de masse.
Si une seule phrase dans le courriel se devait d’être moindrement ambiguë, cela voulait dire 20 000 courriels en retour de clients un peu confus à qui il fallait répondre. 20 000 courriels à répondre, ce qui pour l’équipe se traduisait en plusieurs milliers de dollars de coûts à chaque envoi.
Une phrase ambiguë? 5 000$. C’est douloureux.
La leçon? Ce qu’on croit clair l’est rarement pour tous et bien que le courriel nous permette une rétroaction rapide, c’est une tout autre histoire pour un site web.
Lorsqu’on met en ligne un site web, la majeure partie d’entre nous n’a pas cette rétroaction. Beaucoup de temps et d’argent sont mis dans la rédaction et le design afin d’avoir une identité unique et un concept qui sort de l’ordinaire… Et si c’était mal compris?
Ce qu’on obtient, c’est beaucoup de visites, mais un silence absolu. Aucune rétroaction.
Le truc : envoyer les textes importants par courriel à quelques personnes. Si ce n’est pas clair dans un courriel et s’il y a des phrases inutiles, cela transparaitra clairement. Si ce n’est pas clair dans un courriel, ça ne le sera pas plus une fois en ligne. En fait, ce sera pire.
Un appel à l’action ne demeure qu’une simple invitation
Il y a cette obsession sur le web pour les appels à l’action ou les « call to action », en termes plus connus.
Cela a du bon, puisqu’il est vrai que de positionner des invitations à agir à des endroits stratégiques permet bien souvent d’améliorer la performance d’un site et surtout…de créer des opportunités de mesure.
Par contre, il ne faut pas perdre de vue ce qu’ils sont vraiment : de simples invitations. Par définition, ils ne sont pas générateurs d’actions.
On retrouve le même principe dans la vie de tous les jours : il y a ces personnes, qui pour plusieurs raisons n’ont qu’à lancer une invitation toute simple pour attirer un maximum de gens à une soirée ou un événement. De l’autre côté, il y en a d’autres qui avec la même invitation, ne seraient pas en mesure d’attirer le tiers des gens.
Ce qu’il faut retenir c’est que l’appel à l’action est essentiel, mais que ce qui génère de réelles actions c’est ce qu’il y a autour : la présentation, votre approche, votre crédibilité, le niveau de confiance des gens envers vous ou votre marque, etc.
L’action n’est pas générée en fonction de la taille ou de la couleur d’un bouton, elle est plutôt générée en fonction de plusieurs facteurs intangibles et humains qui ne se bâtissent pas du jour au lendemain.
La bonne nouvelle est qu’il est possible de travailler sur ces facteurs.
Que peut-on éliminer?
Je suis tombé sur un article datant de plus d’un mois à propos de la refonte de l’interface usager de twitter. C’est Doug Bowman qui était responsable de cette refonte chez Twitter et suite au succès et à la réception positive de la communauté, il a affirmé dans l’entrevue accordée à Mashable la chose suivante :
“Some redesigns are often appreciated more for what they eliminate than what they add.”
Ou encore, d’une traduction très libre : « les refontes sont souvent plus appréciées pour ce qu’elles ont permis de supprimer que pour ce qu’elles ont ajouté. »
C’est un commentaire d’une part très pertinent en terme de design, mais qui s’applique à bien d’autres domaines.
On passe énormément de temps à se demander quel devrait être le prochain ajout ou quelle devrait être la prochaine fonctionnalité dans le produit qu’on développe, mais ce n’est pas nécessairement ce que les clients ou utilisateurs veulent ou sauront apprécier le plus.
Souvent, supprimer des choses en apparence toute simple comme les sources de frustrations est garant d’un succès plus grand que l’ajout de nouvelles fonctionnalités.
Twitter améliore son interface
Twitter apporte graduellement des changements à son interface Web pour la rendre plus facile à utiliser, plus pratique et aussi pour répondre aux nouvelles réalités de la plateforme. En effet, la façon dont les gens utilisent twitter est en constante évolution et cela fait bien longtemps que l’on attend des changements pour répondre à ces nouvelles réalités.
Il est possible que vous n’ayez pas encore accès aux changements sur votre compte, twitter les intègre graduellement. Voici donc à quoi l’interface ressemble et quels sont les changements importants. (Lire la suite…)
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