Benoit Tremblay

Réflexions et observations sur la technologie, les affaires et le changement.



Une cause, une vision.

Pourquoi des millions d’individus créent du contenu tout à fait gratuitement? Pourquoi certains lancent de nouveaux logiciels et de nouveaux services tout à fait gratuitement? Pourquoi participent-ils? Pourquoi veulent-ils contribuer sans but précis face à ce qu’ils en retireront?

La réponse est complexe et il n’existe pas d’explication unique. Par contre, chose certaine, en tant qu’humain, nous désirons tous participer à une cause : quelque chose de noble qui fera une différence, quelque chose pour quoi l’argent n’est pas un facteur de motivation. Le simple désir d’accomplir quelque chose de grand est source de motivation. Les gens dédiés à une cause se battent.

Le web et la technologie n’ont pas amené ce besoin d’accomplissement et ce besoin d’appartenir à une cause, ils ont simplement rendu plus accessible la possibilité d’agir en temps qu’acteur de son environnement plutôt que simple spectateur.

Appliqué au monde corporatif, les entreprises montrant du succès sur le web sont bien sûr celles qui oui, offrent un service et des prix concurrentiels, mais qui avant tout véhiculent une idéologie particulière auprès de laquelle les gens (clients et employés) veulent et peuvent se rattacher.

Cette idéologie ensuite justifie l’utilisation de canaux et d’outils différents, puisqu’il faut rassembler les gens autour d’une philosophie et d’une vision commune. Facebook, blogues et autres ne sont pas des outils de développement des affaires. Par contre, les mêmes outils couplés à une idée, à une vision et à une volonté de voir et faire les choses différemment, c’est autre chose et c’est unique.

Pour quoi votre entreprise se bat-elle? Quelle différence cherche-t-elle à faire? Quelle est votre cause? Dans un univers Web basé sur la collaboration et la communication, répondre à ces questions est essentiel.

L’acte de bloguer

L’utilisation du blogue dans un contexte d’affaires est un sujet délicat. Effectivement, l’argumentaire d’obtenir une visibilité intéressante et gratuite de par son blog n’est perceptible qu’à long terme et dans un monde dans lequel de plus en plus de blog d’entreprise émergent, il devient plus difficile de sortir du lot.

En fait, l’acte de bloguer n’a pas nécessairement le même potentiel marketing pour tous. Là ou le vrai bénéfice se trouve par contre, c’est dans…

  • l’humilité que cela prend pour mettre en ligne du contenu qui naturellement ne l’aurait pas été, de par sa saveur moins corporative
  • la collaboration souvent nécessaire entre plusieurs personnes au sein de l’entreprise
  • La réflexion créative qui doit être mise de l’avant afin de se renouveler constamment
  • le fait de devoir résumer sa pensée, contrairement aux documents habituellement rédigés en entreprise
  • un tremplin important vers une meilleur compréhension de ce qui fonctionne et fonctionne moins sur le web
  • l’implication de l’équipe dans une tâche ayant des répercussions en dehors de l’entreprise

Toutes des choses qui seront bénéfiques pour l’entreprise à l’interne, et ce, à court terme.

Le bénéfice du blog n’est donc pas dans sa finalité habituellement prônée, mais plutôt dans le processus lui-même.

Niveau d’accessibilité d’une idée

Une idée ne peut être acceptée que si le niveau de connaissance nécessaire à l’appréciation de cette dernière est suffisant.

C’est pour cette raison que la majeure partie des idées novatrices sont habituellement rejetées d’emblée : on ne peut en saisir la subtilité et les nuances, mais surtout, une nouvelle idée qu’on ne peut comprendre totalement implique un changement. Comme changement est synonyme de résistance et met en péril la compétence de plusieurs, c’est un frein certain.

C’est pourquoi la formation et l’éducation sont si importantes. Le niveau de formation doit être proportionnel au niveau d’innovation et d’accessibilité aux nouvelles idées que l’on désire implanter.

Le test de la pièce de monnaie

Un petit test tout simple…

Un test dont je ne peux me donner le crédit malheureusement, il est beaucoup plus vieux que moi.

Lorsque face à un choix ou une décision difficile : tirer à pile ou face.

Non pas parce que magiquement la pièce choisira pour nous, mais plutôt puisque la beauté de tirer au sort avec une pièce de monnaie est que pendant le bref moment pour lequel la pièce est dans les airs, on sait soudainement ce qu’on espère.

D’ailleurs, prédiction/constatation gratuite :  face au choix, ce qu’on espère est habituellement l’option la moins logique.

Sur une note business, on devrait faire ce test ou adopter cette logique plus souvent en entreprise : on se retrouverait avec moins de rapports, de plans, de réunions et beaucoup plus d’innovation basée sur l’initiative : l’initiative illogique, mais pleine de sens.

Les sceptiques : système immunitaire de l’entreprise

J’écoutais récemment une présentation de Scott Belsky et dans cette dernière, il faisait référence à une analogie que je trouve extrêmement intéressante et pertinente :

Les sceptiques sont le système immunitaire de l’entreprise.

Le réflexe naturel du corps humain est de rejeter tout ce qui ne lui appartient pas, ce qui est une bonne chose en soi. Par contre, c’est pour cette raison que lors d’une transplantation d’organe, un des principaux défis consiste à diminuer considérablement la force du système immunitaire afin qu’il ne rejette pas ce corps étranger.

L’entreprise possède en quelque sorte ce même système immunitaire et ce sont les sceptiques : ceux qui rejettent systématiquement les nouvelles idées.

Bien que parfois vu par leurs comparses débordant de créativité comme étant peut-être trop terre-à-terre, ils font partie d’un processus très sain et aident à garder l’équilibre de l’entreprise.

Par contre, il y a certains moments où de nouvelles idées sont requises, des moments ou des changements s’imposent. Le défi consiste ainsi à diminuer la force du système immunitaire de l’entreprise pour que ces projets exigeant un vent de renouveau puissent prendre forme.

Comme quoi, au final, tout est un processus organique…

Simplifier la complexité pour maximiser l’adoption

Creative commons coucheCreative Commons est une organisation proposant aux auteurs de contenu de protéger ce dernier selon une licence moins restrictive que les droits de propriété intellectuelle standards.

Cette licence est souvent utilisée par exemple par des photographes désirant rendre leur oeuvre public tout en y attribuant une certaine forme de droit d’auteur moins restrictif, encourageant ainsi le partage et l’utilisation.

Ce que je trouve intéressant de Creative Commons, c’est la catégorisation simple des différentes licences et le fait d’avoir décidé de faire des versions « humain readable » ou plutôt « faisant du sens pour les gens ».

L’aspect légal est essentiel, mais en soi n’est pas fait pour être agréable à consulter et à comprendre. C’est pourquoi, pour chaque type de licence creative commons, on retrouve une fiche bâtie pour les humains:

Enfin, il devient simple de comprendre ce qu’on a le droit de faire avec le contenu licencié Creative Commons et c’est probablement ce qui est à la source d’ailleurs de sa grande utilisation par la communauté. Pourquoi lire un texte légal et forcer les gens à le faire quand les grandes lignes sont plutôt simples et assez faciles à communiquer?

Ainsi, je réalise que de plus en plus, nous avons tendance à rendre compliquées des choses toutes simples. Certaines sont complexes de par leur nature, mais la communication des idées et des grandes lignes se doit d’être toute simple pour maximiser l’utilisation et le partage.

Nous avons aussi tendance à vouloir communiquer la complexité de notre travail afin de prouver notre valeur ou du moins la nécessité de nos interventions, mais les gens adoptent et achètent la simplicité, pas la complexité.

Comment rendre notre travail simple aux yeux des autres est aussi une réflexion intéressante qui nous aide à vraiment saisir l’essentiel de ce que l’on fait et de ce qui génère vraiment de la valeur…

Transparence et implanter une idée

La transparence c’est bien, voire même essentiel à plusieurs niveaux dans un monde bâti autour du web.

Par contre, je ne crois pas que cela implique de tout dire, à n’importe quel moment : il y a un temps opportun pour tout.

Je me suis récemment inscrit à une infolettre. Dans le bref courriel de remerciement reçu suite à l’inscription, la moitié du contenu (soit environ 2 paragraphes) était consacré à expliquer comment me désabonner et qu’un lien de désabonnement serait présent dans chaque courriel subséquent que je recevrai.

Ce courriel aurait été une bonne occasion de me mettre dans l’attente de la prochaine infolettre, de bâtir une certaine forme d’enthousiasme et de me confirmer en quelque sorte que je ne regretterais pas cet abonnement. Ainsi, je n’en sais pas vraiment plus sur le futur contenu de cette infolettre, outre le fait qu’elle contiendra un lien de désabonnement.

J’ai apprécié la transparence, mais déjà, l’idée qui m’a été implantée, est qu’un jour j’aurai besoin du lien de désabonnement…

Valeur de l’idée Vs. l’exécution

Quelle est la valeur d’une idée?

L’idée vaut-elle quelque chose sans cette fameuse exécution sur laquelle on met souvent tant d’importance?

Le fait est qu’il y a probablement un nombre infini de façons de mal exécuter une bonne idée. À l’opposé, il y a probablement plusieurs façons de bien exécuter une idée qui semble au départ plutôt mauvaise ou irréaliste.

Ça fait des années que les tablettes existent. Pourtant, c’est le iPad qui a réussi l’adoption de masse. Idée semblable et produit semblable, mais pour plusieurs raisons, l’exécution et la mise en marché ont été un succès.

C’est le processus complet qui a de la valeur et non le fait de mettre en pratique une idée.

Et le processus, c’est souvent une attitude, une vision, une équipe, une façon de travailler, etc.

La valeur est souvent dans l’intangible, c’est ce qui rend la réplication difficile…voir impossible.

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