Réflexions et observations sur la technologie, les affaires et le changement.
Ce qu’il faut savoir, aujourd’hui.
Chaque matin, je reçois l’infolettre « 10 Things in tech you need to know » de Business Insider. Le principe est simple : quelqu’un est responsable de filtrer les nouvelles de la veille et présente dans une infolettre les 10 nouvelles les plus importantes, ce qu’il ne faut pas manquer bref.
Ça me sauve un temps fou, m’évite de suivre une foule de blogues technologiques rapportant plus ou moins les mêmes nouvelles et cela fait maintenant partie d’une certaine routine matinale. C’est un outil de productivité.
Ce à quoi cela m’amène à réfléchir est : pourquoi ne pas introduire une routine similaire à l’intérieur de l’entreprise? « 10 choses à savoir ce matin » ou encore « 10 choses à savoir cette semaine ». Un mélange de veille stratégique et de nouvelles importantes concernant l’entreprise ou ses compétiteurs. Cela peut être fait au niveau de l’entreprise dans son ensemble ou encore par département, tout dépendant de la taille de cette celle-ci.
Ainsi, moins de « Ah, je n’étais pas au courant!».
Les points importants pour que cela soit utile :
- Maximum 10 points, sinon c’est trop d’information;
- Une ligne par nouvelle avec un lien vers plus d’information si nécessaire. 10 paragraphes n’obtiendraient pas le même taux de lecture;
- Pas de termes corporatifs endormants : aller directement au but;
- L’information relayée doit être liée au travail des personnes qui la reçoive, considérer plusieurs listes pour plusieurs départements;
- Assurer une pérennité en stockant les envois dans un point central : l’Intranet de l’entreprise par exemple.
De sites web vers services et plateformes
Est-ce que Foursquare est un site web? Est-ce que twitter est un site web? Groupon? Google?
La question se pose puisque de plus en plus, on interagit avec l’information en dehors du cadre du site web prévu initialement: application mobile, site mobile, application de bureau développée par un tierce, courriel, etc.
Dans une économie d’information, c’est la façon de distribuer, de présenter et de filtrer l’information qui a de la valeur.
Ainsi, penser « site web » a probablement de moins en moins de valeur, il faut plutôt penser information et accès à cette information. Quelle est la valeur ajoutée de notre contenu? À qui bénéficie-t-il? Pourquoi? Comment le rendre accessible au maximum de gens?
Cela implique de réfléchir à l’unicité de nos contenus puisque dans une économie d’information, la valeur ajoutée est attribuée au contenu et sa qualité… puis sa disponibilité.
Web, outils marketing et révolution de l’information
Le web est vu par plusieurs comme une série d’outils de marketing… une série d’outils de communication.
En réalité, ce que le web a amené, c’est une culture basée autour de l’information et principalement autour de trois grands piliers:
- La distribution de l’information
- La consommation de l’information
- L’interprétation et le filtrage de cette information
On peut effectivement continuer à voir Internet comme un vecteur marketing puissant, mais ce serait se concentrer sur un seul aspect: un aspect qui ne garantirait pas une compétitivité de nos entreprises sur le plan mondial.
Ceux qui sauront se démarquer dans une culture d’information sont ceux qui sauront mieux la distribuer, la consommer, l’interpréter et la filtrer dans un contexte d’affaires. Et ça, oui c’est plus complexe que de créer une page Facebook.
Cela est particulièrement important dans un contexte de récupération de temps, le manque de temps étant probablement le plus grand frein à l’adoption du web. Comment l’entreprise peut-elle profiter des différentes technologies en place pour mieux distribuer, trouver, consommer, interpréter et filtrer l’information et ainsi être plus efficace… que ce soit à l’interne ou via le web dans son ensemble?
Répondre à ces questions est essentiel… Mais un défi en-soi.
Le privilège de notre époque
Si on avait dit à un entrepreneur il y a 50 ou 100 ans qu’il existait un moyen de rejoindre sa clientèle directement, en quelques minutes, sur une base régulière et avec des interventions sollicitées, les chances sont qu’il aurait voulu en savoir plus.
C’est l’opportunité que nous avons et il faut être conscient de la chance que notre époque nous offre : rejoindre un groupe de gens intéressés par ce que l’on fait et répandre des idées rapidement, tout à fait gratuitement.
Écrire une infolettre ou un billet de blogue et que ce dernier soit envoyé à ne serait-ce qu’une cinquantaine de personnes instantanément et que ces dernières prennent un peu de leur précieux temps pour en prendre connaissance, c’est un privilège.
Ainsi, lorsqu’on entend (en parlant du web, blogs, etc.) : « oui, mais pourquoi? Qu’est-ce que ça me donne? », il faut savoir que personne n’est forcé à le faire, c’est un privilège.
Probablement qu’on aurait tué il y a 75 ans pour cette chance, mais c’est ce que notre époque nous offre : le choix. Le choix de partager ou non des idées à des gens intéressés par ces dernières. La beauté de ce privilège, c’est qu’il est gratuit.
Le choix semble tellement évident, mais pourtant.
Entreprise organique ou comment ne pas perdre l’équilibre
Le concept d’entreprise organique en est un qui me fascine beaucoup. Un concept qui s’insère très mal dans le contexte de l’entreprise moyenne actuelle puisqu’il challenge beaucoup de concepts sur lesquels elles sont construites : hiérarchie, structure décisionnelle lourde, silos d’information, travail de bureau machinal, etc.
Le concept demeure un peu flou par contre j’en conviens, alors imaginons la scène suivante : une journée d’hiver vous sortez dehors et glissez sur une plaque de glace.
Pendant un bref instant où il y déséquilibre, de façon presque irréelle, le corps est en mesure de réagir: d’envoyer au cerveau un flux d’information sur la situation et ce dernier peut coordonner un envoi d’influx nerveux aux muscles pour stabiliser la situation. Le tout en une fraction de seconde.
Le corps ne peut se permettre un processus décisionnel lourd dans de telles situations, sinon il est vrai que ce processus deviendrait douloureux. La nature a fait en sorte que dans un monde rempli d’embûches et de dangers, le corps est en mesure de réagir rapidement.
En entreprise, terminé le temps où la compétition était absente, elle est mondiale et partout quelqu’un peut offrir le même produit ou service à la moitié du prix. Terminé le temps où une publicité à la télévision était garante d’une augmentation des ventes. Terminé le temps où l’expérience négative d’achat d’un consommateur ne pouvait rejoindre que 5 ou 10 personnes, cette expérience a maintenant une portée potentiellement mondiale. Terminé le temps ou…etc.
L’entreprise organique c’est ça. Dans un monde dans lequel il est de plus en plus difficile et impossible de prendre des choses pour acquises (prenons l’exemple d’une récente élection…), l’entreprise a besoin d’alléger son processus décisionnel, de donner une marge de manoeuvre plus grande aux divers intervenants, d’automatiser ce qui peut l’être pour diminuer le temps de réaction, de mettre l’emphase sur les emplois créatifs plutôt que les machinaux, de se doter d’un système nerveux (gestion des idées, des connaissances, de l’innovation, etc.) pouvant collecter le plus d’information possible de façon intelligente afin de prendre des décisions éclairées, etc.
Tout est une question d’équilibre. C’est naturel.
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