Benoit Tremblay

Réflexions et observations sur la technologie, les affaires et le changement.



Échec et innovation

James Dyson a premièrement du créer 5 127 prototypes avant d’en arriver à un aspirateur à la hauteur de ses attentes et fonctionnant parfaitement. Steve Wozniak, cofondateur de Apple, a dessiné et raffiné pendant des années sur papier des concepts de circuits électriques pour ce qui deviendrait éventuellement le premier ordinateur personnel.

Malgré tout ça, l’entreprise moderne récompense les employés qui se conforment et pour la plupart, n’encouragent pas l’essai. Ces mêmes entreprises ont tous le désir d’innover et de faire les choses différemment, mais s’attendent à des actions et des résultats très précis de la part de leurs employés.

Il y a somme toute très peu de place pour l’échec. Non pas pour l’échec public, mais pour l’échec interne : pour proposer une idée farfelue, pour prendre quelques heures afin de tester un nouveau concept et peut-être même pour rassembler un petit groupe de gens afin d’essayer quelque chose de nouveau.

Lorsque l’avancement dans une entreprise est donné au meilleur exécutant et à celui se conformant le mieux, on envoie le message que la conformité est à la source du succès. Mais ensuite on demande paradoxalement aux gens d’être créatifs et cela est impossible puisque c’est exactement ça qui leur coûtera leur emploi dans un tel contexte.

Y a-t-il place à l’échec et à l’essai dans votre entreprise? Et encore mieux, les gens sont-ils récompensés pour le faire?

Le Web : Échec Vs Ne fonctionne pas

Parfois, il faut reconsidérer sa définition de l’échec. La sagesse populaire veut qu’il faille échouer souvent pour réussir, mais cette notion me tiraille beaucoup. En effet, ne serait-il pas plus simple de se concentrer sur la réussite plutôt que sur l’échec?

Je propose la notion « d’essayer souvent », plutôt que d’échouer régulièrement. Du moins, pour le web.

En effet, si on se penche sur les campagnes web ou projets web ayant eu du succès, on réalise bien souvent que ce n’est pas le premier essai et qu’il y a eu maintes tentatives avant d’en arriver à quelque chose qui remplit les attentes. Peut-on qualifier les essais d’échecs? Non, puisqu’ils sont ce qu’ils sont : des essais.

Il y a une différence énorme entre quelque chose « qui ne fonctionne pas » et un échec. Un échec met une entreprise en péril, un essai n’est que partie remise.

Alors somme toute, fondamentalement, il faut essayer. Essayer pour découvrir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Et comme on ne qualifie pas le tout comme un échec si on n’obtient pas les résultats escomptés, on ouvre la porte à encore plus d’essais.

C’est probablement à ce moment qu’on commence à innover.

Ce qu’il faut savoir, aujourd’hui.

Chaque matin, je reçois l’infolettre « 10 Things in tech you need to know » de Business Insider. Le principe est simple : quelqu’un est responsable de filtrer les nouvelles de la veille et présente dans une infolettre les 10 nouvelles les plus importantes, ce qu’il ne faut pas manquer bref.

Ça me sauve un temps fou, m’évite de suivre une foule de blogues technologiques rapportant plus ou moins les mêmes nouvelles et cela fait maintenant partie d’une certaine routine matinale. C’est un outil de productivité.

Ce à quoi cela m’amène à réfléchir est : pourquoi ne pas introduire une routine similaire à l’intérieur de l’entreprise? « 10 choses à savoir ce matin  » ou encore « 10 choses à savoir cette semaine ». Un mélange de veille stratégique et de nouvelles importantes concernant l’entreprise ou ses compétiteurs. Cela peut être fait au niveau de l’entreprise dans son ensemble ou encore par département, tout dépendant de la taille de cette celle-ci.

Ainsi, moins de « Ah, je n’étais pas au courant!».

Les points importants pour que cela soit utile :

  • Maximum 10 points, sinon c’est trop d’information;
  • Une ligne par nouvelle avec un lien vers plus d’information si nécessaire. 10 paragraphes n’obtiendraient pas le même taux de lecture;
  • Pas de termes corporatifs endormants : aller directement au but;
  • L’information relayée doit être liée au travail des personnes qui la reçoive, considérer plusieurs listes pour plusieurs départements;
  • Assurer une pérennité en stockant les envois dans un point central : l’Intranet de l’entreprise par exemple.

Niveau d’accessibilité d’une idée

Une idée ne peut être acceptée que si le niveau de connaissance nécessaire à l’appréciation de cette dernière est suffisant.

C’est pour cette raison que la majeure partie des idées novatrices sont habituellement rejetées d’emblée : on ne peut en saisir la subtilité et les nuances, mais surtout, une nouvelle idée qu’on ne peut comprendre totalement implique un changement. Comme changement est synonyme de résistance et met en péril la compétence de plusieurs, c’est un frein certain.

C’est pourquoi la formation et l’éducation sont si importantes. Le niveau de formation doit être proportionnel au niveau d’innovation et d’accessibilité aux nouvelles idées que l’on désire implanter.

Entreprise organique ou comment ne pas perdre l’équilibre

Le concept d’entreprise organique en est un qui me fascine beaucoup. Un concept qui s’insère très mal dans le contexte de l’entreprise moyenne actuelle puisqu’il challenge beaucoup de concepts sur lesquels elles sont construites : hiérarchie, structure décisionnelle lourde, silos d’information, travail de bureau machinal, etc.

Le concept demeure un peu flou par contre j’en conviens, alors imaginons la scène suivante : une journée d’hiver vous sortez dehors et glissez sur une plaque de glace.

Pendant un bref instant où il y déséquilibre, de façon presque irréelle, le corps est en mesure de réagir: d’envoyer au cerveau un flux d’information sur la situation et ce dernier peut coordonner un envoi d’influx nerveux aux muscles pour stabiliser la situation. Le tout en une fraction de seconde.

Le corps ne peut se permettre un processus décisionnel lourd dans de telles situations, sinon il est vrai que ce processus deviendrait douloureux. La nature a fait en sorte que dans un monde rempli d’embûches et de dangers, le corps est en mesure de réagir rapidement.

En entreprise, terminé le temps où la compétition était absente, elle est mondiale et partout quelqu’un peut offrir le même produit ou service à la moitié du prix. Terminé le temps où une publicité à la télévision était garante d’une augmentation des ventes. Terminé le temps où l’expérience négative d’achat d’un consommateur ne pouvait rejoindre que 5 ou 10 personnes, cette expérience a maintenant une portée potentiellement mondiale. Terminé le temps ou…etc.

L’entreprise organique c’est ça. Dans un monde dans lequel il est de plus en plus difficile et impossible de prendre des choses pour acquises (prenons l’exemple d’une récente élection…), l’entreprise a besoin d’alléger son processus décisionnel, de donner une marge de manoeuvre plus grande aux divers intervenants, d’automatiser ce qui peut l’être pour diminuer le temps de réaction, de mettre l’emphase sur les emplois créatifs plutôt que les machinaux, de se doter d’un système nerveux (gestion des idées, des connaissances, de l’innovation, etc.) pouvant collecter le plus d’information possible de façon intelligente afin de prendre des décisions éclairées, etc.

Tout est une question d’équilibre. C’est naturel.

Dyson, innovation et réinventer le ventilateur

Il faut un brin de génie pour réinventer le ventilateur sur pied et pour en faire un produit qui vous place dans une catégorie complètement à part.

Lorsqu’on arrive à retirer le coeur d’un produit, puis le remplacer par quelque chose de complètement différent qui améliore le produit, tout en le rendant plus esthétique, c’est à mon sens de l’innovation. Plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’un design qui n’a pas évolué depuis plus de 100 ans.

Dyson est en quelque sorte le Apple des électroménagers : des produits premiums, innovants et sans compromis, pour un public prêt à payer pour des produits sans compromis.

Nouveau marché Vs marché compétitif

Lorsqu’on voit un marché inexploité, on se dit qu’il n’y a pas encore le bassin nécessaire pour justifier le développement de l’idée.

Pourtant, on dit des gens qui ont su profiter d’une opportunité d’affaires avant tout le monde qu’ils étaient visionnaires (ou encore qu’ils ont été chanceux, il n’y avait pas de compétition…)

Lorsqu’un concept fonctionne, on se dit que le marché est trop compétitif pour entrer et qu’il aurait fallu entrer plus tôt.

Pourtant, on dit des gens ou des entreprises ayant entré dans un marché compétitif qu’ils ont su trouver la créativité ou l’aspect unique nécessaire pour se démarquer (ou encore qu’ils avaient beaucoup d’argent à mettre en marketing…)

Comme quoi il ne semble pas y avoir de situation idéale…

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