Réflexions et observations sur la technologie, les affaires et le changement.
Quand David était muet

Lorsque des histoires de procédures judiciaires pour la protection de marques de commerces comme le cas d’Industries Lassonde Vs. Olivia’s Oasis font surface dans les nouvelles, on se rend compte que le monde a changé en très peu de temps.
Il y a à peine 10 ans, les petites entreprises comme Olivia’s Oasis étaient à la merci de toutes les Industries Lassonde de ce monde. En fait, 10 ans plus tard, d’un point de vue strictement juridique elles n’ont pas plus de pouvoirs, mais elles ont par contre contre maintenant une voix. C’est un peu comme David contre Goliath, mais revisité à l’ère du numérique.
Alors que twitter s’indigne de l’absurdité de cette poursuite et de la décision qui s’en est suivi, que certaines personnalités publiques s’empressent de relayer le message et que les journalistes/blogueurs suivent peu à peu, une crise de relation publique se dessine à l’horizon pour Industries Lassonde et sa marque de jus Oasis.
Il y a 5 ou dix ans on aurait vu un article de journal et quelques conversations anodines à gauche et à droite s’indignant d’une cause un peu tirée par les cheveux. Pour une petite entreprise comme Olivia’s Oasis, il aurait ensuite été nécessaire de prier un peu pour qu’un réseau de télévision récupère l’histoire et la diffuse à heure de grande écoute afin d’aller chercher de l’appui.
Tout est différent maintenant.
David n’a peut-être pas gagné, mais il peut maintenant publiquement s’indigner. Facilement et avec une portée impressionnante en plus.
M.A.J. : David a gagné, «Oasis»: Lassonde plie aux protestations virtuelles
Sur une note plus légère et pour illustrer à quel point les départements légaux sont déconnectés de ce monde numérique, pouvez-vous croire qu’ils dépensent des millions de dollars en poursuites afin de protéger « leurs actifs », mais n’ont pas la vivacité d’esprit de protéger leurs actifs numériques en enregistrant des noms de domaines comme « jusoasis.ca » et « oasisjuice.ca »? Je vous laisse deviner qui les possède.
Le problème avec les bulles sociales
Alors qu’on se dirige de plus en vers un monde hyper-connecté et hyper-personnalisé et qu’on nous vante les bienfaits d’un contenu personnalisé et adapté à tous et chacun, je vous propose l’écoute d’un court « TED Talk » d’une dizaine de minutes. Un 10 minutes très certainement bien investi.
Et si la personnalisation ne faisait que nous conforter avec nos idées et convictions? (Si vous ne pouvez pas voir le vidéo ci-bas, il est disponible directement ici.)
Gaver l’écosystème
Question/volonté récurrente : comment automatiser ma présence sur le web, nous n’avons pas de temps à perdre?
Il est possible de gaver une population entière de fast food et de les approvisionner en McDonald’s à longueur d’année par économie de temps. Il est aussi possible qu’on soit personnellement attiré par ce type de nourriture, c’est particulièrement efficace dans un monde effréné.
Par contre, il vient un jour ou on veut un bon resto ou une bonne bouffe maison. Sortir de l’aspect machinal de l’industrie alimentaire bref.
On peut gaver un écosystème web avec du prémâché et de l’automatisation, mais vient un temps ou l’audience recherche quelque chose de plus consistent, de quoi se mettre sous la dent qui se rapproche de quelque chose d’original.
C’est un équilibre, comme dans tout écosystème. On peut certainement fournir et consommer du contenu facilement digérable, mais l’écosystème ne peut vivre que de facilité, on doit le nourrir avec un peu plus.
Pourquoi s’inscrire
J’ai fait mon early-adopter hier : abonnement à Google+ et tout le tra la la, Google+ étant la toute dernière initiative de Google pour se lancer dans le monde des réseaux sociaux.
C’est bien fait. C’est sympathique. C’est beau. C’est innovateur à plusieurs points de vue.
La question qui tue : quel besoin la plateforme remplit-elle? Avais-je un besoin social à combler que Facebook, twitter, Skype et le courriel n’arrivaient pas à combler? Pourquoi le réfèrerais-je absolument à un ami?
Sans marquer Google+ de succès ou d’échec, ce sont des questions importantes qui sont facilement oubliées dans l’effervescence de bâtir quelque chose de stimulant ou dans l’intérêt de créer un compétiteur pour des raisons d’affaires.
La pluspart des plateformes sociales démarre petites puisqu’elles rassemblent des gens ayant un intérêt commun. Un intérêt commun n’ayant pas de meilleur endroit pour grandir.
La question est profonde et sans réponse, mais un réseau social peut-il « naître grand » et à partir d’early adopters qui n’ont comme seul intérêt d’être premiers ou doit-il naître d’un groupe d’utilisateurs dédiés et offrant seulement les fonctionnalités nécessaires pour ce groupe?
Je penche pour la deuxième option. Un réseau se bâtit autour de gens dédiés.
Une cause, une vision.
Pourquoi des millions d’individus créent du contenu tout à fait gratuitement? Pourquoi certains lancent de nouveaux logiciels et de nouveaux services tout à fait gratuitement? Pourquoi participent-ils? Pourquoi veulent-ils contribuer sans but précis face à ce qu’ils en retireront?
La réponse est complexe et il n’existe pas d’explication unique. Par contre, chose certaine, en tant qu’humain, nous désirons tous participer à une cause : quelque chose de noble qui fera une différence, quelque chose pour quoi l’argent n’est pas un facteur de motivation. Le simple désir d’accomplir quelque chose de grand est source de motivation. Les gens dédiés à une cause se battent.
Le web et la technologie n’ont pas amené ce besoin d’accomplissement et ce besoin d’appartenir à une cause, ils ont simplement rendu plus accessible la possibilité d’agir en temps qu’acteur de son environnement plutôt que simple spectateur.
Appliqué au monde corporatif, les entreprises montrant du succès sur le web sont bien sûr celles qui oui, offrent un service et des prix concurrentiels, mais qui avant tout véhiculent une idéologie particulière auprès de laquelle les gens (clients et employés) veulent et peuvent se rattacher.
Cette idéologie ensuite justifie l’utilisation de canaux et d’outils différents, puisqu’il faut rassembler les gens autour d’une philosophie et d’une vision commune. Facebook, blogues et autres ne sont pas des outils de développement des affaires. Par contre, les mêmes outils couplés à une idée, à une vision et à une volonté de voir et faire les choses différemment, c’est autre chose et c’est unique.
Pour quoi votre entreprise se bat-elle? Quelle différence cherche-t-elle à faire? Quelle est votre cause? Dans un univers Web basé sur la collaboration et la communication, répondre à ces questions est essentiel.
Il est temps d’arrêter d’évangéliser
Cela fait déjà plusieurs années qu’on évangélise le web et les nouvelles technologies et l’impact de leur utilisation à des fins d’affaires. Une chose intéressante de l’évangélisation, c’est qu’elle entraine l’évangélisation à répétition.
Évangéliser, présenter des plateformes émergentes ou des applications du web à la mode, ça ne sort personne du vide technologique, cela les plonge dans un vide encore plus grand dans lequel il est impossible de démarrer quelconque action concrète. Le cycle est ensuite infini.
Enseigner, c’est de donner des repères dans ce vide technologique. Des repères qui n’ont pas besoin de ré-évangélisation pour perdurer, des repères qui permettent d’entamer des choses, des repères qui permettent de comprendre les nouveautés et d’établir des plans d’action.
Il est temps d’arrêter d’évangéliser.
Meilleur achat 2011, un 15$ bien investi
Quelques lignes pour partager mon meilleur achat 2011 (jusqu’à présent):
Antisocial, une application pour OS X qui désactive l’accès à la majeure partie des sites de nature sociale pendant une période que l’on définit au démarrage du logiciel.
La seule façon de désactiver le tout? Redémarrer l’ordinateur.
Productivité garantie.
Oui, Mac OS X seulement, soit l’autre meilleur achat que vous pouvez faire.
Nous n’avons pas besoin de plus de réseaux sociaux…
Nous avons besoin de plus d’outils et de technologies qui nous permettent de connecter ensemble le « en ligne » et le « hors ligne ».
C’est entre autres ce que des compagnies comme 37signals, Eventbrite, BillMonk, Freshbooks et Groupon (et j’en passe) permettent de faire.
Étrangement, ce sont aussi des compagnies avec un modèle d’affaires et de revenu assez clair.
C’est bien de connecter les gens en ligne, mais connecter les gens hors ligne via le web me semble une meilleure opportunité à long terme.
Influence, influenceurs et faire bouger les gens
On a beaucoup parlé d’influence cette semaine. Jamais une liste des 100 plus influents dans le domaine du web au Québec n’aura fait autant jaser.
On pourrait s’attarder à la pertinence d’un tel classement, les métriques mesurées et si cela représente un réel indicateur d’influence, mais ce n’est pas l’objectif.
Faisant abstraction de cette liste, il est pertinent d’observer ce qu’est un influenceur.
Les vrais influenceurs font bouger les gens. Vraiment bouger. Physiquement.
Non seulement ils font bouger les gens, mais ils les réunissent, les rassemblent. Ce sont eux que les marques et entreprises veulent rejoindre, puisqu’ils ont le pouvoir de créer des occasions de rassemblement.
D’ailleurs, on peut retrouver cette influence à plus petite échelle: au sein d’une entreprise, d’une équipe, d’un groupe d’amis, etc.
Qu’une personne ait un réseau de 50 ou 50 000 personnes (sur twitter par exemple) ou qu’elle fasse partie d’une petite équipe de 6 personnes, c’est l’aptitude à dynamiser ce réseau qui fait de cette personne un influenceur.
La taille du réseau, c’est un bonus, l’aptitude demeure.
Le temps comme vecteur de compétition
Qu’on le veuille ou non, avec la venue du web, le temps est devenu un des plus importants vecteurs de compétition, et ce, à plusieurs niveaux :
- L’expérience utilisateur
- La relation client
- La création de contenu
Au niveau de l’expérience utilisateur, particulièrement lorsqu’on parle du Web, le temps de réponse est un facteur critique. Marissa Mayer de Google l’a dit à plusieurs reprises: les utilisateurs répondent de façon extrêmement favorable à la vitesse. Le temps de réponse est un facteur qu’on ne peut se permettre d’ignorer lorsqu’on cherche à améliorer l’expérience utilisateur.
Pour ce qui est de la relation client, avec entre autres la venue d’outils comme twitter, le temps réel est devenu la norme pour de plus en plus de gens. Que ce soit lors d’un contact avec le service à la clientèle d’une entreprise ou pour la livraison d’un produit acheté sur le Web, la vitesse joue un rôle énorme sur notre perception de l’entreprise.
Un des facteurs ralentissant le plus l’adoption des médias sociaux, des blogues et du web social en général (donc entre autres la création de contenu) est le manque de temps à investir. par contre, une partie importante de la relation client s’effectue maintenant sur ces réseaux, y être est plus ou moins une option.
« Le temps c’est de l’argent » n’aura jamais été aussi vrai.
twitter