Benoit Tremblay

Réflexions et observations sur la technologie, les affaires et le changement.



Il est temps d’arrêter d’évangéliser

Cela fait déjà plusieurs années qu’on évangélise le web et les nouvelles technologies et l’impact de leur utilisation à des fins d’affaires. Une chose intéressante de l’évangélisation, c’est qu’elle entraine l’évangélisation à répétition.

Évangéliser, présenter des plateformes émergentes ou des applications du web à la mode, ça ne sort personne du vide technologique, cela les plonge dans un vide encore plus grand dans lequel il est impossible de démarrer quelconque action concrète. Le cycle est ensuite infini.

Enseigner, c’est de donner des repères dans ce vide technologique. Des repères qui n’ont pas besoin de ré-évangélisation pour perdurer, des repères qui permettent d’entamer des choses, des repères qui permettent de comprendre les nouveautés et d’établir des plans d’action.

Il est temps d’arrêter d’évangéliser.

Agriculture, technologie et révolution

Une théorie veut que la révolution agricole du 18e/19e siècle ait mené à la révolution industrielle. Ou du moins, que les deux révolutions se soient mutuellement influencées : l’augmentation de la productivité agricole nécessitant des outils et des machines spécialisés, aurait accéléré l’industrialisation et par le fait même, libéré les travailleurs des champs au profit des industries… et des villes.

Une sorte de transfert de ressources.

Imaginons un instant les réactions de l’époque : les compétences et spécialisations de certains n’étant plus demandées, cela force l’exile vers les villes (là ou on y trouve du travail), mais aussi force les gens à réviser leur expertise et souvent à apprendre de nouvelles méthodes de travail.

N’en sommes-nous pas un peu là, mais avec des conséquences et des problèmes bien différents, propres à notre époque?

La technologie, au même titre que la révolution agricole couplée à la révolution industrielle de l’époque, automatise certains types d’emplois ou certaines tâches. On peut s’en plaindre et dire que la technologie élimine des emplois, mais il s’agit tout simplement d’un transfert : la venue de nouveaux outils de productivité permet un transfert de ressources vers d’autres types d’industrie et de travail.

Il faut l’accepter et s’adapter, tout simplement.

Notre chance, à notre époque, c’est d’être en mesure de s’en rendre compte.

Suivre la tendance…

Ça me fait penser à une certaine industrie du numérique…

L’important n’est pas tant de suivre les tendances, mais de savoir lesquelles suivre et conseiller.

Je sais, plus facile à dire qu’à faire. Mais bon, d’un oeil externe, tout devient tellement plus clair.

Démocratisation de la technologie et des communications

Nous assistons depuis quelques années (avec le Web entre autres) à une certaine forme de démocratisation de la technologie et des communications: de plus en plus, l’accès à des plateformes ou appareils technologiques puissants (téléphones intelligents par exemple) et à des moyens de communication particulièrement efficaces (vidéos, blogs, médias sociaux, etc.) est possible pour tous et à un coût relativement faible.

Cela chamboule bien sûr nos habitudes de vie et de travail à tout et chacun et de ce fait, il y a quelques façons de réagir:

  • Restreindre et contrôler;
  • Ridiculiser;
  • Éviter;
  • Comprendre et utiliser.

À mon plus ou moins grand étonnement, nous avons tendance à réagir selon les trois premiers points: nous cherchons par exemple à restreindre l’utilisation des nouveaux modes de communication à l’école et au travail ou encore nous ridiculisons la nature et le niveau de profondeur des communications sur les réseaux sociaux.

De façon sommaire, on se donne beaucoup de raisons d’éviter.

Malheureusement ou heureusement, le seul moyen d’aborder ces changements et de les intégrer, que ce soit à l’école, au travail ou dans notre vie de tous les jours, c’est d’en comprendre l’essence.

C’est en effet cette compréhension qui permet de passer à l’étape suivante, soit d’intégrer et d’utiliser la technologie dans nos environnements sociaux plutôt que de la repousser, la ridiculiser ou la contrôler.

Et puisque ce n’est plus un secret pour personne que le tout est en train de se passer devant nos yeux, c’est dans notre intérêt collectif de débuter maintenant…

Les sites d’emplois traditionnels

Il semble y avoir un écart flagrant (dans le domaine des technologies du moins) entre ce que les gens recherchent en matière d’emplois et ce que les sites d’emplois offrent.

Alors que l’on recherche de plus en plus une entreprise non seulement parce qu’elle est prête à nous payer pour nos services, mais aussi parce qu’elle véhicule une idéologie en laquelle on croit et se rattache, le traditionnel site d’emploi perd son intérêt. Peut-on compter sur une simple description de tâches pour attirer des candidats exceptionnels, alors que la main-d’oeuvre qualifiée se fait de plus en plus rare?

Les entreprises ont de plus en plus besoin de faire transparaitre leur culture particulière auprès des candidats et le simple site d’emplois ne répond plus à cette réalité.

Fait intéressant, la recherche de candidats via les sites d’emplois nous a menés vers une tendance particulière: l’optimisation des C.V. pour les moteurs de recherche. Les entreprises semblent réduire de plus en plus l’aspect humain lié au C.V. en les stockant dans des bases de données internes ou en utilisant des bases de données externes (site web). En effectuant ensuite des recherches par mots clés dans ces dernières pour trouver les candidats « intéressants », le défi pour un candidat est maintenant d’optimiser son C.V. pour ces recherches.

La question à se poser: est-ce vraiment la meilleure façon de trouver des candidats intéressants et passionnés?

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